Si le Maroc détrône l’Afrique du Sud en termes de croissance industrielle sur le continent selon les dernières études récemment publiées, plusieurs autres pays font figure de bons élèves au gré des investissements, dans un domaine où les défis sont encore fort présents pour certaines contrées du continent. Détails.
Le continent africain passe progressivement le cap de la non industrialisation. C’est le constat qu’établissent l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (AII) publié par la Banque africaine de développement (BAD) d’une part et le Baromètre de l’investissement industriel en Afrique (AfIIB) publié conjointement par la société de conseil Witba Invest SA et la société française d’études et de recherche d’informations économiques Trendeo. Entre 2010 et 2024, la performance globale du continent a progressé de 6% sur les cinq dernières années, la valeur ajoutée manufacturière régionale est passée de 285 milliards de dollars à 351 milliards de dollars, selon le premier rapport. « La transition est silencieuse, relativement lente, mais irréversible », estiment les économistes de la BAD. Sur cette période de 14 ans, 41 pays sur 52 ont présenté des progrès à diverses échelles et sur la dernière année, la révélation est bien celle du Maroc qui devient la première économie industrielle du continent, avec un score de 0,8415.
L’Afrique du Sud régresse en compétitivité
Le royaume détrône ainsi l’Afrique du Sud (0,8396) qui a toujours été le numéro un de l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (AII). Représentant 14,3 % de la valeur ajoutée manufacturière totale du continent en 2024 et environ les deux tiers de la production régionale, estimée à 75 milliards de dollars, le pays de Nelson Mandela demeure la puissance industrielle d’Afrique. Cependant, « sa compétitivité industrielle continue, cependant, de décliner progressivement sur le long terme », expliquent les experts, invoquant notamment les crises énergétiques qu’a connues le pays, la baisse des investissements dans le secteur productif et les contractions répétées de la production manufacturière. Entre-temps, le Maroc construit ses forces autour d’une modernisation industrielle soutenue, de la diversification de ses exportations et de la mise en œuvre d’une politique industrielle stratégique, selon la même source.