Jeudi 4 juin, au moment des hymnes, le cœur de deux des spectateurs de la Beaujoire battra peut-être plus fort que les autres. Maho Doué et son épouse verront leurs fils s’affronter pour la première fois en sélection nationale, à l’occasion de ce France – Côte d’Ivoire.

Guéla, l’aîné (23 ans), et Désiré, le cadet (21 ans ce mercredi 3 juin), vont participer à leur première Coupe du monde. Le premier, avec les Éléphants, le deuxième, avec les Bleus. Mais avant, ils ont rendez-vous à Nantes, à une centaine de kilomètres de leur lieu de naissance (Angers) et de l’endroit où ils ont été formés (Rennes). Désiré, vainqueur de sa deuxième Ligue des champions samedi avec le PSG, ne devrait toutefois pas fouler la pelouse, ménagé comme ses quatre autres coéquipiers en club.

Ces retrouvailles entre frères, qui ont déjà eu lieu en Ligue 1 lors de Strasbourg – PSG (trois matches, une victoire chacun, un nul), renvoient inévitablement à une quinzaine d’années en arrière, à la Piverdière, le centre de formation du Stade Rennais.

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Guéla effectue ses débuts à l’école de foot. Pendant ses entraînements, sous le regard attentif du paternel, son petit frère s’amuse avec son ballon. Il tape dans l’œil d’Amand Canet, bénévole du club breton, qui l’invite à venir sur le terrain. « On lui a fait signer une licence en U6 », se remémore Florent Bourcier, premier entraîneur de Guéla Doué au SRFC.

« Le surdoué » Désiré, Guéla « avait des lacunes »

Il faut dire que le talent du jeune Désiré ne laisse personne indifférent. Au point de sauter, rapidement, les étapes. « À la fin de la saison, il faisait les entraînements avec l’équipe de son frère, alors qu’ils ont trois ans d’écart, sourit Florent Bourcier. Techniquement, c’était un surdoué. Il participait aux séances sur la partie technique. En revanche, sur la partie jouée, il ne pouvait pas parce qu’il était quand même en dessous des autres physiquement. »

Guéla, lui, n’est pas doté des mêmes qualités que son frangin. Celui qui évolue déjà à un poste défensif est loin de faire l’unanimité. « Au départ, c’était un peu compliqué, reconnaît Florent Bourcier. Techniquement, il avait des lacunes. Sur son premier match amical, on voyait qu’il était un peu perdu. »

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Pendant que Désiré Doué squatte les sélections de jeunes de l’équipe de France, où il remporte notamment l’Euro U17, débute en Ligue 1 puis en Coupe d’Europe avant sa majorité et inscrit ses premiers buts en pro, son frère, lui, est barré par la concurrence. « Guéla, il ne sortait pas du lot. Il était plus grand, c’était compliqué au niveau de la motricité. En revanche, on savait que ce serait un athlète. » Il doit attendre d’avoir 20 ans pour découvrir l’élite et 21 ans pour connaître sa première titularisation.

Avant d’être séparés à l’été 2024, Guéla et Désiré Doué avaient été formés ensemble au Stade Rennais, où ils ont débuté chez les professionnels. | LOÏC VENANCE / AFP
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Avant d’être séparés à l’été 2024, Guéla et Désiré Doué avaient été formés ensemble au Stade Rennais, où ils ont débuté chez les professionnels. | LOÏC VENANCE / AFP

Deux évolutions distinctes, qui n’éloignent cependant jamais Guéla de son rêve. L’aîné s’impose grâce à sa force de travail. Il peut également compter sur un soutien de taille, en la personne de son paternel. « Le père m’a toujours dit : “Tu verras, Guéla y arrivera avant Désiré, parce qu’il a un mental d’acier. Il ne lâchera jamais et il réussira.” Il a toujours cru en Guéla. Pourtant, à l’école de foot, ça se voyait qu’il y avait une différence, que l’un des deux était en avance. »

« C’était une famille au top ! »

Ces différences dans leur parcours n’ont jamais éloigné les deux frangins, dont la relation est décrite comme « fusionnelle ». Inséparables, Guéla et Désiré Doué sont « hyper complémentaires » selon Florent Bourcier.

La famille est un élément central de la vie et de l’évolution des frères Doué. « Le père et la mère étaient tout le temps présents autour des terrains. Ils s’intéressaient à qui ils confiaient leurs enfants, dans quel environnement était le club, décrit leur ancien éducateur. Ils étaient aimés des autres parents. C’était une famille au top ! »

Une unanimité contagieuse, qui touche également leurs deux enfants. « Ce sont deux gamins avec qui je n’ai que des bons souvenirs, raconte Florent Bourcier. Ils étaient à l’écoute, ils disaient tout le temps bonjour, il n’y a jamais eu de problèmes de comportement. »

Leurs chemins se sont séparés à l’été 2024, après 29 matches disputés ensemble avec les pros du Stade Rennais, l’un prenant la direction du PSG, l’autre, de Strasbourg. Depuis, Désiré, double vainqueur de la Ligue des champions, lauréat du trophée Kopa, a pris une autre dimension. Sans que cela n’entache leur relation. Guéla, lui, est devenu un joueur confirmé de Ligue 1 en Alsace. Pour le plus grand bonheur de leurs parents.