Le 28 mars dernier, les élèves de l’IESPP de Mons ont quitté la Belgique pour s’envoler vers Cotonou, au Bénin. Durant deux semaines, ces jeunes ont vécu une immersion totale aux côtés de leurs correspondants béninois. Mercredi dernier, un mois après leur retour, lors du dernier atelier de bilan animé par l’ONG Via Don Bosco, les participants ont posé un regard lucide et ému sur ce voyage solidaire qui a profondément bouleversé leurs certitudes.

IESPP MonsIESPP MonsIESPP Mons ©Move with Africa

Partir à la rencontre de l’autre, c’est d’abord accepter de vivre à son rythme. Pendant deux semaines, Belges et Béninois ont vécu une immersion totale, côte à côte, partageant bien plus que des espaces de travail. Lou-Anne le concède : « Au début, c’était un peu timide, mais très vite il y a eu des rires et une vraie complicité. Ce voyage m’a appris à sortir de ma zone de confort ». Des pas de danse du Carnaval de Binche improvisés au Centre Saint Jean Eudes aux mémorables Olympiades belgo-béninoises, les barrières culturelles sont tombées par le jeu et le rire. « J’y ai découvert des personnes si chaleureuses. Chaque moment était unique », confie Marie-Angela.

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Pourquoi ce projet a-t-il marqué si durablement les esprits ? Parce qu’il s’est construit sur des émotions contrastées, ancrées dans le réel. Ensemble, ils ont été confrontés à l’histoire poignante de la Route des Esclaves jusqu’à la Porte du Non-Retour à Ouidah, un devoir de mémoire qui a suscité une grande émotion parmi les jeunes. C’est dans un véritable esprit de partage qu’ils ont tous vécu une journée récréative à Grand-Popo, entre kayak sur la lagune et barbecue. Un moment suspendu qui a transformé le groupe en une véritable famille. L’immersion intime dans les foyers de deux jeunes béninois, Carmélia et Steven, a fini de prouver que malgré les milliers de kilomètres qui séparent nos deux pays, les valeurs fondamentales restent identiques. Lykeria résume : « Ce n’étaient pas juste des correspondants. C’étaient des rencontres vraies, des amis pour la vie. »

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Le retour en Belgique a pourtant sonné l’heure d’un autre bouleversement : celui du choc culturel inversé. Comment expliquer l’intensité de ce séjour quand on revient à notre petite routine ? Beaucoup ont ressenti le besoin de se murer dans le silence, tant la réadaptation était difficile. Lydia décrypte cette transition : « Cette expérience m’a appris à ralentir. Je reviens transformée, mais avec le cœur un peu lourd. » Aujourd’hui, l’heure est à la gratitude. La distance géographique s’efface devant la solidité des ponts jetés entre les deux pays. Comme le formule la nouvelle devise du groupe : « Loin des yeux, près du cœur. Une partie de nous est restée là-bas. » Certes, le voyage physique est terminé, mais sa trajectoire humaine ne fait que commencer.