L’Europe n’a toujours pas pris de mesure d’ampleur face à la Chine et les Etats-Unis. C’est en substance le reproche que font les patrons européens un an après le rapport Draghi.

Les patrons européens se désespèrent alors que l’Union européenne ne prend toujours aucune mesure d’ampleur face au rouleau compresseur chinois et au protectionnisme américain.

Au cours du grand rendez-vous de l’industrie européenne mercredi 11 février à Anvers, plus de 1.300 chefs d’entreprises ont lancé l’”appel d’Anvers à Alden Biesen”, destiné au sommet des 27 qui se tient ce jeudi dans ce château belge pour accélérer l’agenda de compétitivité européen.

La matinale 100% info et auditeurs. Tous les matins, à partir de 7H Apolline de Malherbe décrypte l'actualité du jour dans la bonne humeur, avec un journal toutes les demi-heures, l'historien Arthur Chevallier, Emmanuel Lechypre pour l'économie, Matthieu Belliard et l'humoriste Arnaud Demanche avec deux rendez-vous à 7h20 et 8h20. Nouveauté cette année : des points de vue engagés tous les jours à 7H50 avec Louis Sarkozy, Cécile Duflot et Charles Consigny.Lechypre d’affaires : Industrie, l’Europe doit montrer les muscles – 12/02

Leur message, c’est qu’un an après le rapport Draghi, seuls 15% de ses 383 recommandations ont été mises en œuvre, les capacités industrielles sont détruites à une vitesse jamais vue. Et ils ne comprennent pas pourquoi l’Europe est si lente et si timide.

Les Etats-Unis et la Chine dépendent de l’Europe

Pourtant, l’Europe a les muscles pour ça notamment face à la Chine. Par exemple pour les produits stratégiques qu’elle doit importer de l’étranger (chimie, pharmacie, électronique, agroalimentaire), elle est trois fois plus dépendante de l’Europe que des Etats-Unis. Les Etats-Unis, justement, sont plus dépendants de l’Europe que l’Europe ne dépend d’eux, notamment pour les médicaments et vaccins pour lesquels ils n’ont pas de substitut.

Il faut aussi souligner que l’Europe finance avec son épargne la dette américaine (400 milliards), et que l’Europe est le premier marché du monde. Elle est au même niveau en recherche fondamentale que les Etats-Unis et la Chine. Et pourtant par naïveté, par lâcheté, par idéologie, ses muscles-là l’Europe ne les montre pas…

Alors Ursula Van der Leyen a fait des promesses mercredi: investissements doublés dans les transitions industrielles (de 52 milliards à 115 milliards d’euros), réduction des coûts administratifs de 15 milliards par an, simplification administrative (un camion peut peser 44 tonnes en Belgique, mais seulement 40 en France). Elle promet pour mars le “28e régime”, qui permet de créer une société européenne “EU Inc” en moins de 48 heures. Enfin, sur l’énergie, elle a dénoncé des prix trop élevés et volatils.