Des centres de retour pour migrants dans des pays tiers ? L’UE ouvre la voie à un durcissement inédit. Plusieurs Etats membres, dont l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche ou la Grèce songent déjà à des partenariats avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan ou le Rwanda.
Faciliter les expulsions suppose de lever des obstacles juridiques (le volontarisme du gouvernement Meloni qui entendait renvoyer des étrangers en situation irrégulière en Albanie s’est heurté à de nombreux recours devant les tribunaux) et financiers (outre le coût des procédures, ces expulsions ne fonctionneront que moyennant le versement de substantielles compensations aux pays accueillant ces « plateformes »). Pas si simple.
Il s’agit néanmoins d’un tournant politique majeur qui fait écho aux attentes des Européens et à la droitisation du Vieux Continent où, partout, la pression migratoire se fait ressentir. Pas une élection sans que cette problématique ne soit au cœur des débats. Partout ?
Sceptique quant à ces centres de retour (l’Espagne s’y oppose), la France hésite, procrastine. Est-ce si étonnant de la part d’un pays qui n’a toujours pas transposé dans sa loi le Pacte sur la migration et l’asile, texte publié au Journal officiel de l’UE… en mai 2024 ?
Le chaos politique fait que ce sujet est comme confisqué par le clivage des extrêmes : la « Nouvelle France » métissée de LFI versus la définitive « menace de guerre civile » brandie par le RN. La caricature est telle qu’entre les deux, les (nombreux) prétendants à l’Elysée avancent à tâtons, méfiants, prudents. Trop de coups à prendre.
A un an de la présidentielle, beaucoup d’intentions (lorsqu’il y en a), sans oser en dire trop. Tôt ou tard, il faudra pourtant abattre ses cartes, de manière claire, nette, précise sur ce qui promet d’être l’un des principaux thèmes de la campagne de 2027. Tous les sondages en attestent.