“Chaque année dans le tourisme, nous sommes confrontés à des changements”, soupire Pierre Fivet, porte-parole de l’ABTO (Association belge des tour-opérateurs), qui n’aime pas le mot crise. Pourtant, depuis le 28 février, les Belges hésitent à réserver.
“À la même période l’an dernier, on avait entre 10 et 20 % de réservations en plus. Pourtant les agences et les sites web sont plus consultés que l’an dernier — l’envie est bien là. Je suis depuis quarante ans dans le tourisme : chaque fois qu’il y a des perturbations, les gens hésitent mais finissent par partir quand même. ” Un optimisme de praticien, fondé sur quatre décennies d’observation des comportements de voyage en temps de crise.
Voyage : 7 destinations où partir en vacances cet automneTout bénéfice pour l’Espagne et le Portugal
L’hésitation porte surtout sur la Turquie — pourtant à 2.000 kilomètres de la zone de conflit — et l’Égypte, qui n’est pas directement concernée par les tensions actuelles. La perception du risque, souvent déconnectée de la réalité géographique, suffit à faire fuir les vacanciers. L’Espagne et le Portugal en profitent, au risque d’afficher complet et d’être plus chers. Un phénomène de vases communicants bien connu dans le secteur, qui tend à concentrer la demande sur un nombre restreint de destinations jugées “sûres”, au détriment de la diversité des flux touristiques.
La check list des 9 points à vérifier pour être sûr de ne pas louper vos vacances
Quant à la flambée annoncée des billets d’avion, Pierre Fivet se veut rassurant : la plupart des compagnies achètent leur carburant des mois à l’avance via le mécanisme du “hedging” et sont donc couvertes pour l’été. La législation européenne interdit par ailleurs d’augmenter le prix d’un billet après achat — une compagnie française l’a récemment tenté, en vain.
La seule dérogation concerne les voyages à forfait, augmentables de 8 % au maximum, avec droit d’annulation et remboursement intégral au-delà. “La législation européenne est très protectrice”, rappelle Pierre Fivet. En attendant, les prix progressent lentement mais sûrement. Son conseil : “N’attendez plus pour réserver. Plus on attend, plus le prix sera élevé. On peut encore trouver de bons rapports qualité-prix pour la Turquie et l’Égypte.” Au fond, le vacancier belge de 2026 ressemble à ce qu’il a toujours été : déterminé à partir, mais les yeux ouverts. Les crises ont changé ses arbitrages, pas son envie de voir ailleurs.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.