Ayşe Başhoruz, Wafae El Baghouani
03 Juin 2026•Mise à jour: 03 Juin 2026
AA / Istanbul
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé les États d’Afrique centrale et de l’Est à renforcer leur coopération face à la propagation de la maladie à virus Ebola (Bundibugyo), estimant que les restrictions aux frontières pourraient favoriser des déplacements non contrôlés et affaiblir les dispositifs de surveillance sanitaire, dans une déclaration publiée mardi 2 juin 2026.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie en République démocratique du Congo fait état de 321 cas confirmés, 116 cas suspects, 48 décès et 6 guérisons, tandis que l’Ouganda enregistre 9 cas confirmés et un décès, selon l’OIM. L’OIM souligne également que des transmissions entre les deux pays ont été identifiées, ce qui renforce la nécessité d’une réponse coordonnée à l’échelle régionale.
Sur le terrain, les dispositifs de surveillance et de prise en charge reposent sur des équipes spécialisées. Interrogé par Anadolu, Tathy Modjaka, responsable des activités médicales, a détaillé le fonctionnement opérationnel : « Pour ce faire, il y a des tenues ou des équipements appropriés pour les prestataires avant d’aller travailler dans la zone à haut risque, qu’on appelle communément la zone rouge. »
Il a ajouté que des équipes de surveillance communautaire sont mobilisées pour détecter rapidement les cas suspects : « Il y a toute une équipe de la Division Provinciale de la Santé, on appelle ça la commission surveillance. Ils travaillent dans la communauté, ils reçoivent toutes les alertes et descendent rapidement pour essayer d’investiguer. »
Selon lui « Une fois une alerte investiguée et validée, c’est à ce moment-là qu’on nous envoie les cas dans notre structure de prise en charge. C’est un travail qui se fait en collaboration avec la commission surveillance dans la communauté. »
Dans une déclaration transmise depuis Genève, la directrice générale adjointe de l’OIM pour les opérations, Ugochi Daniels, a souligné que « les virus ne s’arrêtent pas aux frontières, et notre réponse non plus ne doit pas s’arrêter ». Elle a ajouté que les fermetures de frontières peuvent réduire la visibilité des flux de population et affaiblir les dispositifs de dépistage, de traçage et de détection précoce.
L’agence onusienne estime par ailleurs, sur la base des expériences de précédentes crises sanitaires, que les restrictions de mobilité ne mettent pas fin aux déplacements mais les déplacent vers des routes informelles, moins contrôlées. L’OIM rappelle enfin que la région fait face à une situation humanitaire complexe, avec environ 3,6 millions de personnes déplacées internes en République démocratique du Congo, dont près de 922 000 dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie.
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