En Afrique, l’hydroélectricité est l’une des énergies vertes les plus importantes. L’Angola veut tenir les premiers rôles dans cette filière au potentiel encore énorme.
Le secteur électrique angolais entrevoit de belles perspectives pour 2027. D’ici l’année prochaine, Luanda veut faire passer la capacité installée de production de 6 400 à 9 000 MW, soit une progression de plus de 40%. Cette ambition a été annoncée le jeudi 28 mai par le secrétaire d’État à l’Énergie, Arlindo Carlos, en marge de la 2ᵉ Conférence internationale sur l’énergie et l’eau qui se tenait dans la capitale.
Un essor porté par l’hydroélectricité
Au cœur de cette montée en régime, la future centrale hydroélectrique de Caculo Cabaça. Située sur le fleuve Kwanza, elle doit présenter une capacité de l’ordre de 2 172 MW pour un coût d’environ 4,5 milliards USD (environ 3,9 milliards d’euros). Cette puissance en ferait la seconde plus importante infrastructure hydroélectrique d’Afrique subsaharienne, derrière le Grand barrage de la Renaissance en Éthiopie.
Avec cet ouvrage, le pays entend répondre à une à une demande interne en hausse avec la croissance de sa population, l’urbanisation et la relance des secteurs comme l’industrie et les services. Il veut aussi renforcer l’importance de l’hydroélectricité qui domine déjà le bouquet énergétique vert avec une contribution de 87% en 2025, selon les données l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).
Le projet permettra également d’appuyer l’objectif d’atteindre 71 % d’énergies propres dans la production nationale à l’horizon 2027, pour réduire la dépendance aux centrales thermiques fonctionnant aux combustibles fossiles, tout en stabilisant le coût de production sur le long terme.
Il faut savoir que le secteur angolais de l’électricité a été profondément réorganisé depuis 2015 pour améliorer la lisibilité institutionnelle et attirer des investisseurs, de même que des partenaires techniques. Les chaînes de valeur ont été scindées, ce qui a conduit à la création de trois entreprises publiques distinctes – PRODEL, RNT et ENDE – chargées respectivement de la production, du transport et de la distribution. Un régulateur indépendant, l’IRESA, a également été mis en place.
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Un statut de puissance énergétique qui s’affirme
Cette montée en capacités, largement adossée à l’hydroélectricité, confère à l’Angola un statut de puissance énergétique émergente dans sa sous-région. Le pays couvre déjà une grande partie de sa demande interne, et dispose de marges pour projeter ses excédents vers ses voisins, dans un contexte où plusieurs économies de la zone restent confrontées à des déficits structurels de production. Les autorités angolaises affichent ainsi l’ambition de faire de l’électricité un levier d’intégration économique et de diversification de leurs recettes d’exportation.
Sur le plan sous-régional, la coopération se renforce. Avec la République démocratique du Congo, Luanda s’est accordé mi-mai sur un projet de ligne à très haute tension présentée comme l’une des plus longues d’Afrique, et destinée à acheminer une partie de l’électricité angolaise vers le Katanga et d’autres zones industrielles congolaises.
Cette interconnexion doit contribuer à alimenter des complexes miniers majeurs, dans un contexte où la croissance de la demande énergétique liée au secteur extractif dépasse les capacités locales de production en RDC. Un mois plus tôt, en avril, le pays signait aussi des accords énergétiques avec la Namibie, pour un montant total d’environ 57 millions USD (environ 49 millions d’euros), afin de renforcer les échanges d’électricité et de développer des projets communs dans les énergies renouvelables.
Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large d’intégration au sein du Southern African Power Pool (SAPP), où Luanda entend jouer un rôle plus actif, tant comme fournisseur que comme partenaire technique pour des projets d’interconnexion.