Après plusieurs années marquées par les tensions inflationnistes, les déséquilibres budgétaires et les incertitudes financières, l’économie tunisienne semble progressivement sortir de la phase aiguë de turbulence.

Les principaux indicateurs de stabilité affichent des signaux plus rassurants. L’inflation, qui dépassait 10% en 2023, a poursuivi sa décrue pour s’établir autour de 5% en 2026 selon les dernières données de l’Institut national de la statistique. Les réserves en devises se sont consolidées et les tensions sur le marché monétaire apparaissent davantage maîtrisées.

Toutefois, cette amélioration statistique cache d’autres faits qui continuent de s’imposer. Ceux d’une société qui ne ressent pas encore les bénéfices de cette normalisation.

Le paradoxe tunisien actuel est précisément là. L’urgence macroéconomique recule, mais l’impression des dysfonctionnements quotidiens persiste. Les ménages continuent d’arbitrer leurs dépenses avec prudence. Les entreprises retardent leurs projets d’expansion. Les jeunes diplômés peinent à identifier des perspectives professionnelles suffisamment attractives.

L’économie semble avoir retrouvé un certain équilibre comptable sans pour autant recréer un véritable sentiment de prospérité économique.

L’émergence d’une économie de l’adaptation

Le phénomène le plus marquant n’est peut-être pas la faiblesse de la croissance elle-même, mais la capacité progressive des acteurs économiques à s’adapter à cette faiblesse. Cette adaptation permanente modifie profondément les comportements.