Protéger l’approvisionnement en eau de neuf provinces dépend désormais d’un bouclier entièrement invisible. En déployant 393 macro-compteurs électromagnétiques, la Société régionale multiservices Fès-Meknès sécurise son réseau de distribution. Les flux physiques se transforment désormais en signaux numériques continus pour bloquer les fuites et optimiser le rendement global.
Réduire les pertes d’eau potable et garantir l’exactitude de la facturation constituent des défis permanents pour la gestion des ressources hydriques. En réponse à un besoin d’efficacité opérationnelle, la Société régionale multiservices (SRM) Fès-Meknès lance l’installation de 393 débitmètres électromagnétiques sur l’ensemble de son réseau de distribution. Le renouvellement de ce parc matériel permet de fiabiliser les données d’entrée avant la distribution finale.
L’opération mobilise une enveloppe budgétaire de 31,6 MDH destinée à moderniser les infrastructures de neuf directions provinciales. La répartition géographique du matériel prévoit, notamment, 141 unités à Taza et 56 à Taounate. Quant aux villes de Meknès, Ifrane, Sefrou, Boulmane, El Hajeb, Moulay Yacoub et Fès, elles accueilleront le reste des équipements. Concrètement, la démarche consiste à remplacer les anciens compteurs mécaniques par des dispositifs de mesure de haute précision au niveau des points frontaliers avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable.
393 compteurs dotés d’une autonomie de 10 ans
Les nouveaux équipements bénéficient de spécifications techniques adaptées aux contraintes environnementales des regards souterrains. Les composants en contact direct avec l’eau potable respectent les normes de conformité sanitaire dictées par la réglementation en vigueur. La SRM impose des appareils robustes bénéficiant d’un indice de protection IP68 contre les immersions prolongées. L’alimentation énergétique repose sur des piles au lithium assurant un fonctionnement ininterrompu pendant une durée allant de cinq à dix ans. Les capteurs et les convertisseurs intègrent un système d’autodiagnostic continu.
Le mécanisme signale automatiquement tout dysfonctionnement électronique ou éventuelle baisse de la charge de la batterie. De surcroît, les techniciens peuvent interagir avec les émetteurs sans contact via des technologies Bluetooth ou NFC depuis des terminaux mobiles. Selon les responsables de la SRM, les débitmètres offrent une précision de mesure de l’ordre de 0,2% sur une pression de service atteignant 16 bars. L’ensemble est accompagné de coffrets de mesure étanches posés en surface pour sécuriser l’électronique de transmission.
Neuf directions provinciales reliées au système SCADA
La collecte et l’exploitation des informations reposent sur une architecture de télérelève entièrement numérisée. Des enregistreurs de type dataloggers associés à chaque compteur assurent la sauvegarde et la transmission des volumes mesurés. Les données transitent ensuite de manière spontanée ou périodique via des réseaux sécurisés cellulaires vers les postes de supervision locaux. L’ensemble des flux d’informations converge simultanément vers un poste central unique.
La gestion des relevés s’effectue à travers un système SCADA moderne et ouvert supportant des protocoles de communication internationaux. L’interface logicielle permet une surveillance en temps réel des débits et des alarmes générées par le matériel sur le terrain. L’exploitation de la base de données sous forme de graphiques et de bilans journaliers facilite ainsi la détection immédiate des anomalies sur le réseau de distribution. L’architecture informatique garantit également un niveau adéquat de cybersécurité grâce au chiffrement des communications et à la journalisation des connexions.
100% des points frontaliers désormais sous contrôle
La maîtrise des volumes d’eau achetés puis distribués constitue un levier d’optimisation financière et de gouvernance de la ressource. L’installation des compteurs aux points de livraison de la production permet de quantifier avec une grande précision les volumes introduits dans le réseau régional. Le dispositif limite ainsi les pertes financières liées aux erreurs d’estimation ou aux équipements de comptage obsolètes.
Selon le maître d’ouvrage du projet, «la mise en place d’une instrumentation intelligente garantit la régularité des échanges commerciaux avec les producteurs d’eau tout en offrant les moyens technologiques nécessaires pour traquer la moindre perte sur le réseau de distribution». Ce dispositif devrait permettre l’amélioration du rendement global de l’infrastructure hydrique et la baisse des volumes non facturés.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
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