Le dernier au revoir

Chance inouïe pour la diaspora tunisienne installée en Belgique de voir ses champions pour la dernière fois avant le grand départ vers l’Amérique, certains en ont profité pour venir en famille. C’est le cas notamment de Belhassen, vivant à Bruxelles mais originiare de Tunis, maquillage rouge et blanc sur les joues, et déjà grand sourire aux lèvres dans le métro quelques heures avant le match : « On a une équipe jeune, solide, même si l’on sait que cela va être compliqué au vu de la qualité de la Belgique. »

Et quand on l’interroge sur le difficile programme qui attend les Aigles de Carthage au Mondial, dans un groupe très relevé avec les Pays-Bas, la Suède et le Japon, l’optimisme ne redescend pas : « On sait que l’on part favoris pour finir quatrièmes, mais l’on va se battre ! Le fait de jouer des matchs dans la nuit me rappelle les histoires de mes grands-parents sur le Mondial 78 en Argentine, le premier de notre histoire. »

Les supporters tunisiens étaient nombreux aux abords du stade Roi Baudoin.Les supporters tunisiens étaient nombreux aux abords du stade Roi Baudoin.Belhassen a fait le déplacement avec famille et ami pour voir jouer les Aigles de Carthage ©T.O.Le grand désert

Car il est vrai que l’été s’annonce compliqué. Pourtant, avant cette gifle, la préparation tunisienne paraissait plutôt réussie : une victoire face à Haïti, un nul face au Canada, une courte défaite en Autriche, mais surtout une campagne qualificative pour le Mondial de dix matchs, bouclée sans le moindre but encaissé. Les Aigles de Carthage puisaient leur confiance dans une défense qui, ce samedi, a été très largement malmenée. Et ce ne sont pas les futurs adversaires en phase de groupes qui devraient les rassurer. Pays-Bas, Japon et Suède : de quoi faire cogiter des têtes tunisiennes habitées par la pression et l’envie de bien faire, après la déception des deux dernières éditions du Mondial et de la CAN.

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Chamboulées à l’aube du grand départ, les certitudes tunisiennes demeurent bien maigres. Mais de ce samedi, il restera les chants, les tambours et la clameur. Le symbole d’une vérité dont les Aigles peuvent être sûrs : peu importe la tempête, un beau public sera toujours présent.