L’inquiétude grandit face à la potentielle ampleur du virus Ebola. Nouveaux cas, patient américain guéri, avertissements… On fait le point sur l’épidémie.

Près de 500 cas en Afrique centrale

Dans sa mise à jour quotidienne, l’Organisation mondiale de la santé a recensé 452 cas confirmés, dont 82 décès, en République démocratique du Congo (RDC), où l’épidémie a été déclarée il y a trois semaines. En Ouganda voisin, elle a par ailleurs comptabilisé 19 cas confirmés, dont deux décès.

Le total de 471 cas et 84 décès représente une hausse de 100 cas et 20 décès par rapport à la veille, relate l’Agence France-Presse (AFP), ce samedi 6 juin 2026.

Un patient américain guéri

L’Américain hospitalisé à Berlin, à la demande des États-Unis, après avoir contracté le virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et les cinq membres de sa famille ont quitté samedi l’hôpital « en bonne santé », a annoncé ce dernier.

Le patient, chez lequel « aucun virus » n’a été détecté depuis une semaine, son épouse et ses quatre enfants, qui sont restés asymptomatiques pendant leur quarantaine, « ont quitté aujourd’hui la prise en charge médicale de la Charité en bonne santé », a précisé cet établissement hospitalier de référence, dans un communiqué, selon l’AFP.

Admis le 20 mai dans un quartier d’isolement pour les maladies infectieuses à haut risque, Peter Stafford, un médecin missionnaire de l’ONG chrétienne américaine Serge, avait été exposé au virus en traitant des patients à l’hôpital Nyankunde, dans l’est de la RDC.

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Très affaibli au départ, il a vu sa charge virale « initialement élevée » diminuer significativement « grâce au traitement antiviral et aux soins de soutien », précise la Charité.

« Depuis le 30 mai, aucun virus n’a été détecté lors des tests de suivi quotidiens » et les autorités sanitaires ont levé l’ordonnance d’isolement samedi midi, explique l’hôpital.

De leur côté, la femme et les enfants, placés dans le même quartier d’isolement spécial, n’ont pas développé de symptômes et les tests de laboratoire n’ont décelé aucun virus. Leur quarantaine a été également levée samedi midi, « 21 jours depuis le dernier contact à haut risque ».

Une urgence de santé publique de portée internationale

Les avertissements se multiplient sur l’épidémie actuelle. Alors que l’OMS l’a qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale, elle pourrait rivaliser avec l’épidémie record de 2014-16 qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.

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En l’absence de mesures fortes de santé publique, « ce niveau est possible », a déclaré Jason Asher, du département de prévision et d’analyse des épidémies des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, principale agence sanitaire américaine), rapporte encore l’AFP.

Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

Un plan de 518 millions de dollars

L’épidémie actuelle a été déclarée le 15 mai dans le nord-est de la RDC, mais on pense que le virus se propageait déjà discrètement depuis un certain temps.

Il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé contre la forme rare du virus Ebola de l’espèce Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle.

L’OMS et le CDC africain ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars (446 millions d’euros) pour combattre l’épidémie au cours des six prochains mois, en mettant notamment l’accent sur le renforcement de la surveillance, des tests de laboratoire et de la prévention des infections.

« L’épidémie progresse rapidement et nous sommes toujours en train de courir derrière », a déclaré ce vendredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant les journalistes.

« Nous devons stopper l’épidémie là où elle se trouve, soutenir les pays qui interviennent aujourd’hui et veiller à ce que les pays voisins soient prêts à détecter et à agir rapidement si des cas apparaissent », a-t-il ajouté. « C’est une épidémie grave, et nous savons comment l’endiguer, mais nous devons agir vite et ensemble ».