Les tensions entre les autorités fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), puissant parti de cette région du nord de l’Éthiopie, durent depuis plusieurs mois et font planer le risque d’une reprise d’un conflit, après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l’armée éthiopienne aux forces du TPLF.

Au moins 600 000 personnes avaient péri pendant ce conflit, selon l’Union africaine – des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées. Un accord de paix signé à Pretoria, en Afrique du Sud, avait fait taire les armes, mais fin 2025, de nouveaux affrontements directs ont opposé des forces fédérales à des forces tigréennes.

Les forces d’Addis-Abeba ont « mené une frappe de drone » vendredi à l’aube, « dans la zone nord-ouest du Tigré, près de Shiraro », non loin de la frontière avec l’Érythrée, selon un communiqué publié sur Facebook par les autorités dissidentes du TPLF. Cette frappe a fait au moins un mort et causé « des blessures et des dégâts matériels parmi les membres de l’armée tigréenne qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes », ajoute le communiqué sans donner plus de détails.

Pas de réaction de l’armée fédérale

Les autorités d’Addis-Abeba sont les seules à disposer de drones, utilisés massivement durant la guerre du Tigré et, depuis plusieurs années, pour lutter contre des rébellions dans les régions Amhara et Oromia. Le porte-parole de l’armée fédérale n’a pour l’heure pas donné suite aux sollicitations de l’AFP. En janvier, deux frappes de drone avaient été menées au Tigré, faisant un mort, selon un média local.

Le TPLF, qui a dirigé de fait l’Éthiopie pendant près de 30 ans, a rétabli en avril un Parlement local jugé illégitime par les autorités fédérales et a remis frontalement en cause l’autorité du gouvernement fédéral, dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed. Les autorités fédérales n’y ont pour l’heure pas réagi. Le TPLF a été radié de la liste des partis enregistrés en Éthiopie, mais reste encore tout-puissant au Tigré.

Dans cette région qui comptait avant la guerre environ 6 millions d’habitants, plusieurs centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées. Et le Tigré est exsangue financièrement, les autorités ayant coupé les subventions fédérales. Les élections législatives, organisées le 1er juin dans presque l’intégralité des circonscriptions du vaste pays d’Afrique de l’Est, ne se sont pas tenues au Tigré, comme en 2021.

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