Dans le cadre du partenariat stratégique global entre la République arabe d’Égypte et l’Union européenne, les travaux de la conférence « Égypte–Union européenne sur l’énergie » ont été inaugurés mardi 10 février 2026, sous le slogan : « Construire l’avenir… des ponts énergétiques entre l’Égypte et l’Europe », en présence de haut niveau, coprésidée par le ministre de l’Électricité et des Énergies renouvelables et le chef de la délégation de l’Union européenne en Égypte.
Cette conférence constitue une plateforme opérationnelle de premier plan visant à traduire les visions politiques communes en projets concrets dans les secteurs des énergies renouvelables et des réseaux intelligents. Ces efforts ont été couronnés par la signature de subventions d’un montant total de 125 millions d’euros, destinées à renforcer le leadership de l’Égypte dans le domaine de l’hydrogène vert et à en faire un pôle mondial de l’énergie durable, confirmant l’engagement commun en faveur de la prospérité économique et de la sécurité environnementale.
Jalons stratégiques antérieurs
Sommet Égypte–Union européenne (octobre 2025)
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a participé au premier sommet Égypte–Union européenne, tenu à Bruxelles en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le sommet a mis l’accent sur l’accélération des investissements dans l’industrie et l’innovation.
Conférence sur l’investissement (juin 2024)Elle a été marquée par la signature d’accords majeurs d’une valeur comprise entre 40 et 49 milliards d’euros, couvrant les secteurs de l’hydrogène vert, de l’ammoniac et des interconnexions électriques avec la Grèce et l’Italie.
Activités Le mardi 10 février 2026
Signature d’une subvention de 90 millions d’euros pour renforcer les capacités en énergies renouvelables en Égypte

La ministre de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale, Dr Rania Al-Machat, a assisté à la signature d’un accord de subvention de l’Union européenne, géré par la Banque européenne d’investissement, d’un montant de 90 millions d’euros, visant à renforcer les investissements dans le réseau électrique égyptien et à développer les capacités en énergies renouvelables.
Une autre subvention de 35 millions d’euros a été accordée à l’entreprise norvégienne « Scatec » pour un projet d’ammoniac vert à Aïn Sokhna.
Ces signatures ont eu lieu dans le cadre de la conférence organisée par l’Union européenne sur le thème : « L’avenir de l’énergie durable en Égypte 2040 : coopérer pour une prospérité partagée ».
Allocution de la ministre du Plan, du Développement économique et de la Coopération internationale

Dr Rania Al-Machat a souligné que la transition vers des systèmes énergétiques durables, sûrs et efficaces constitue l’un des principaux moteurs du développement global en Égypte. Cette transition s’inscrit dans le cadre de la narration nationale du développement global, visant une croissance économique durable, le renforcement de la compétitivité et le respect des objectifs climatiques.
Elle a affirmé que cet événement reflète la profondeur du partenariat entre l’Égypte et l’Union européenne et leur engagement commun en faveur de la transition énergétique, dans un contexte mondial marqué par des mutations rapides exigeant un équilibre entre croissance économique, sécurité énergétique et réduction des émissions.
La ministre a rappelé que l’Égypte a adopté une vision ambitieuse pour le secteur de l’énergie à l’horizon 2040, fondée sur l’expansion des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’optimisation de l’exploitation des ressources diversifiées, consolidant ainsi la position de l’Égypte en tant que hub énergétique régional en Méditerranée orientale.
Elle a souligné que le lancement du partenariat stratégique global en mars 2024 a constitué un tournant majeur dans les relations bilatérales, le secteur de l’énergie occupant une place centrale à travers des financements concessionnels, des garanties d’investissement et une assistance technique.
La ministre a également mis l’accent sur le rôle de son ministère dans la coordination des partenariats internationaux et l’alignement des investissements sur les priorités nationales, notamment la transition énergétique, en coopération avec les institutions européennes telles que la BEI et la BERD.
Elle a présenté la plateforme « NWFE » comme un modèle national pionnier d’intégration entre les secteurs de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie, ayant mobilisé environ 5 milliards de dollars en trois ans pour des projets d’énergies renouvelables d’une capacité de 4,2 gigawatts via le secteur privé.
Elle a également mis l’accent sur l’importance du mécanisme EFSD+ pour stimuler les investissements européens dans les domaines des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert, de l’efficacité énergétique et de la modernisation des réseaux électriques, ainsi que l’initiative T-MED pour la coopération euro-méditerranéenne.
Elle a conclu en affirmant que l’engagement de l’Égypte en faveur de la transition énergétique est un engagement à long terme fondé sur le partenariat, l’innovation et l’investissement durable.
Allocution du ministre de l’Électricité et des Énergies renouvelables

Dr Mahmoud Esmat a mis l’accent sur la solidité des relations Égypte–Union européenne dans le domaine de l’énergie, marquées par l’adoption d’un plan d’action conjoint, la coopération dans l’élaboration de la stratégie énergétique intégrée et durable à l’horizon 2040, ainsi que le financement de nombreux projets, notamment dans les énergies renouvelables.
Il a précisé que la stratégie énergétique intégrée et durable (ISES) a été actualisée jusqu’en 2040 afin d’intégrer les évolutions mondiales en matière d’énergies renouvelables, de stockage et d’hydrogène. Elle vise à porter la part des énergies renouvelables à 42 % du mix énergétique d’ici 2030 et à 65 % d’ici 2040, conformément aux contributions déterminées au niveau national (NDC) et à la Vision Égypte 2030.
Il a indiqué que plus de 40 000 km² de terrains ont été alloués aux projets d’énergies renouvelables, soutenus par des contrats d’achat d’électricité à long terme et des incitations favorisant l’investissement privé.
La capacité installée en énergies renouvelables dépasse actuellement 9 000 MW, avec un système de stockage par batteries de 500 MW. Elle devrait atteindre environ 24 GW d’ici 2030.
Le ministre a également mis l’accent sur la troisième stratégie nationale d’efficacité énergétique (NEEAP III), élaborée avec l’UE, ainsi que la stratégie nationale pour l’hydrogène vert, préparée avec la BERD.
Il a souligné l’importance des réseaux intelligents pour optimiser la gestion de l’électricité, intégrer les sources renouvelables, réduire les coûts et impliquer les consommateurs dans la gestion du système électrique.
Enfin, il a mis en avant l’importance stratégique des interconnexions électriques avec l’Europe, notamment à travers le projet GREGY avec la Grèce, inscrit sur la liste des projets d’intérêt commun, ainsi que les projets étudiés avec l’Italie.
Il a conclu que la transition énergétique est désormais une nécessité mondiale et que le partenariat Égypte–Union européenne renforcera la sécurité énergétique, la diversification des sources, la localisation industrielle et la transformation de l’Égypte en centre régional de l’énergie verte, contribuant ainsi à la mise en œuvre du plan de développement durable.