Le Maroc et le Nigéria entendent donner une traduction économique concrète au projet de gazoduc atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest au Maghreb en ouvrant, du 9 février au 12 février, la deuxième édition de la Semaine d’affaires Nigeria–Maroc à Lagos, Kano et Abuja, rencontre présentée comme un levier majeur pour élever les échanges bilatéraux à un niveau compris entre sept et dix milliards de dollars. Le forum réunira, selon des informations obtenues par Barlamane.com, responsables publics et opérateurs privés autour de perspectives commerciales, industrielles et énergétiques articulées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Présenté par les organisateurs comme un rendez-vous de portée continentale, cet événement entend donner une épaisseur économique durable aux relations entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, le gazoduc Nigeria–Maroc étant décrit comme l’ossature énergétique d’une coopération élargie, appelée à irriguer l’industrie, l’agriculture et les échanges régionaux.
Cadre institutionnel et dessein économique
La Semaine d’affaires est organisée sous l’égide de l’ambassade du Nigeria à Rabat en coopération avec Spectre TransTrade Global, le Conseil nigérian pour le commerce et l’investissement Maroc–Nigeria (Conscima), la Chambre de commerce et d’industrie de Lagos, la Fédération nationale de l’agriculture du Nigeria (Fenagri), la Chambre de commerce de Rabat-Salé, le ministère fédéral nigérian de l’élevage et le ministère marocain de l’industrie.
Les promoteurs rappellent que la première édition, tenue à Casablanca en 2024, avait jeté les fondements d’un rapprochement commercial plus étroit. Pour 2026, «la rencontre est conçue pour produire des accords effectifs, des partenariats identifiables et des chaînes de valeur opérantes», affirmant encore: la volonté de «relier directement les importateurs nigérians et les grands acheteurs aux producteurs et transformateurs marocains afin de faire naître une valeur économique réelle».
Selon les organisateurs, le potentiel commercial bilatéral, évalué entre sept et dix milliards de dollars, demeure partiellement inexploité en raison d’obstacles logistiques, structurels et d’accès aux marchés. Les travaux porteront sur des secteurs jugés stratégiques: agriculture et agro-industrie; énergies renouvelables; industrie manufacturière; économie numérique; infrastructures; élevage, avec une attention particulière portée à la cohérence des chaînes de valeur régionales sous l’égide de la ZLECAf.
Déroulement des travaux et articulation sectorielle
Les activités s’ouvriront à Lagos le 9 février, au Federal Palace Hotel, par une conférence de haut rang, des expositions et des rencontres interentreprises. Le 10 février, le forum se déplacera à Kano pour des sessions consacrées à l’agriculture, à l’agro-industrie et à des visites de sites industriels et le 11 février sera marqué par une célébration du partenariat bilatéral. La clôture interviendra le 12 février avec un échange à huis clos entre responsables gouvernementaux et dirigeants du secteur privé.
Les organisateurs soulignent que l’édition 2026 accorde une place centrale à l’exécution des accords, des partenariats ayant déjà été conclus avec des institutions de financement du développement, des chambres de commerce et des administrations afin que les échanges débouchent sur des cadres d’investissement précis et des accords commerciaux formalisés. La maîtrise marocaine des phosphates et de la production d’engrais, jugée décisive pour la transformation agricole du Nigeria, jointe à l’ampleur du marché nigérian, à ses ressources énergétiques et à son potentiel industriel, est appelée à constituer l’assise matérielle d’une coopération économique de grande portée.
La première édition de 2024 avait réuni plus de 80 entreprises nigérianes et cinquante sociétés marocaines. Les responsables anticipent une participation en nette progression en 2026 à mesure que les deux pays travaillent à la formalisation d’accords dans l’agriculture, l’agro-industrie, l’élevage et les énergies renouvelables.