Mais puisque Rudi Garcia a martelé tout au long de la semaine passée que Romelu Lukaku ne commencera pas le premier match et alors que Matias Fernandez-Pardo est monté au jeu (pour prendre un couloir plutôt que l’axe, généralement), il ne faut pas trop prêter attention à la déclaration polie d’un joueur qui fait tout son possible pour acquérir les codes d’un poste qu’il ne maîtrise pas.
« Je ne joue pas si haut en club, a-t-il rappelé, mais j’aime être dans cette position où il y a du monde autour de moi, avec des qualités pour amener le ballon. » S’il aime bien le poste, on ne le sent pas toujours à l’aise et cela avait été marquant en Croatie où il n’a pas touché un ballon dans la surface adverse et n’a reçu que trois petites passes de ses équipiers (2 de Doku et 1 de De Bruyne).
3 passes reçues contre la Croatie, 13 contre la Tunisie
Il ne fallait pas y voir une bouderie des autres Diables, plutôt une difficulté à le servir ou qu’il se mette en position d’être bien servi. « Contre la Croatie, on était opposé à une défense centrale à trois défenseurs, avec Jérémy (Doku, dans le 3-5-2). Mais Jérémy allait souvent sur le côté gauche et j’étais un peu isolé », plaide l’ancien Brugeois.
Contre la Tunisie, De Ketelaere a eu le sentiment d’être « meilleur » dans le jeu, avec une meilleure connexion. « J’avais deux défenseurs en face de moi, pas trois, note-t-il. J’ai perdu l’un ou l’autre ballon, mais je pense avoir bien fait mon job, dans l’animation du jeu. » L’impression, de la tribune, n’a pas été aussi franche, surtout au bout d’une première période qu’il a traversée avec les mêmes difficultés à se retrouver en situation de but.
Les chiffres montrent toutefois une autre présence, sur l’ensemble du match. Il a touché quatre ballons dans la surface adverse, ce qui reste quatre de plus qu’en Croatie et il a reçu 13 passes de ses équipiers, soit 10 de plus qu’à Rijeka. Il faut remettre ces stats dans le contexte d’une opposition plus faible, mais elles ont le mérite d’exister.
« Je serai le premier supporter de Romelu »
Tout comme son but, le sixième en sélection, a été une petite douceur pas si simple à mettre, une reprise de la tête, à la réception d’un centre de Youri Tielemans et alors qu’il paraissait en déséquilibre. « C’est un but important pour la confiance, mais aussi dans le contexte du match puisqu’on ne menait que 1-0 à ce moment-là », observe-t-il.
L’air de rien, c’était aussi sa quatrième réalisation lors des cinq derniers matchs en sélection. Il y avait eu un doublé contre le Liechtenstein dans le lot, mais CDK verra le verre à moitié plein, pour des statistiques qu’il espère gonfler un peu pendant la Coupe du monde. Ce serait le signe d’un progrès dans le jeu et de bons débuts des Diables rouges sur le sol américain, avant de passer le relais à Romelu Lukaku.
Car, évidemment, De Ketelaere doit faire avec l’ombre de l’attaquant de Naples dans son dos. Il ne se passe un jour sans que l’état de santé du meilleur buteur de l’histoire de la sélection (90 buts) soit fait. Il assure qu’il ne vit pas trop mal cette situation de remplaçant sur qui repose de sérieuses attentes : « Romelu est très important pour nous et je serai son premier supporter quand il jouera. »
En attendant, il faudra supporter De Ketelaere en pointe, en espérant qu’il trouvera des repères efficaces, contre l’Égypte.