L’entreprise de VTC a annoncé que les utilisateurs intéressés pour monter à bord des futurs taxis autonomes Wayve à Londres pouvaient s’inscrire sur liste d’attente. Elle cherche ainsi à s’affirmer face à Waymo, qui planche sur un service commercial dans la capitale britannique avant fin 2026. Mais ses concurrents Bolt et Lyft ne manquent pas d’ambitions.

Qui sera le premier à déployer des taxis autonomes à Londres ? Entre Uber – et son partenaire Wayve – et le numéro 1 du secteur outre-Atlantique Waymo, la course s’annonce serrée. Le géant du VTC a déclaré le 8 juin que les utilisateurs intéressés pour embarquer à bord des taxis autonomes Wayve dans la capitale britannique pouvaient d’ores et déjà s’inscrire sur liste d’attente.

Uber et Wayve ont annoncé en juin 2024 le lancement d’un projet d’essais sur la voie publique londonienne de taxis autonomes de niveau 4 (dans une zone prédéfinie et à une allure limitée). La start-up britannique est à l’origine d’un système baptisé “AI Driver”, qui repose sur plusieurs radars et caméras mais sans Lidar ni d’outils de cartographie haute résolution. Elle mise sur l’autoapprentissage (apprentissage par imitation et renforcement), sans élaboration des règles de conduite prédéfinies.

Un service disponible dans les prochains mois

Les modèles de véhicules concernés n’ont pour l’heure pas été rendus officiellement publics, mais la Ford Mustang Mach-E figurerait dans la liste. TechCrunch rapporte que l’habitacle des véhicules a été conçu par Uber, avec notamment des écrans tactiles disponibles en 64 langues. Uber n’a pas donné de date de lancement précise, mais planche sur un service disponible dans les prochains mois, à compter du feu vert des autorités britanniques. Le gouvernement du Royaume-Uni cherche à accélérer la mise en circulation de ces véhicules, mais le cadre législatif spécifique n’a pas encore été pleinement mis en place. À noter qu’en fonction de la réalisation d’objectifs, Wayve devrait obtenir un investissement de 300 millions de dollars (260 millions d’euros) de la part d’Uber.

Dans un premier temps, un opérateur de sécurité sera présent à bord des véhicules. Les courses en taxi autonome seront proposées au même prix qu’une course classique avec chauffeur, et les utilisateurs de l’application Uber pourront activer une option dans les paramètres pour augmenter leurs chances d’être pris en charge par une voiture de ce type.

Waymo teste déjà des taxis autonomes à Londres

En attendant, Waymo avance à grands pas. La filiale de conduite autonome d’Alphabet a jeté son dévolu sur Londres pour s’implanter en Europe et y teste déjà des Jaguar I-Pace équipées de son système dans une zone de 260 km². Une situation qui pourrait bien conduire à dégrader les relations entre Uber et Waymo : après quelques années de tensions sur fond de vol de secrets commerciaux, les deux entreprises s’étaient rabibochées jusqu’à opérer conjointement un service de taxis autonomes dans les villes américaines d’Atlanta et d’Austin.

Uber ne compte pas dépendre de Wayve pour son réseau de taxis autonomes à Londres. La multinationale de VTC a annoncé en fin d’année dernière des essais de véhicules sans conducteur développés par la filiale de Baidu Apollo Go dans les rues de la ville. Ailleurs en Europe, Uber multiplie les projets : après avoir lancé en avril un premier service commercial à Zagreb (Croatie) avec Pony.ai, l’entreprise a annoncé le déploiement de taxis autonomes à Madrid avant la fin 2026 en partenariat avec WeRide. Elle travaille aussi avec Momenta et Autobrains pour des services en Europe, en commençant par l’Allemagne.

Bolt et Lyft s’apprêtent à capter une part du marché

Le numéro 1 du VTC pourrait néanmoins être freiné sur le continent par d’autres sociétés du secteur. À commencer par l’estonien Bolt, qui prévoit d’y déployer 100 000 taxis autonomes à horizon 2035, notamment avec ses partenaires Pony.ai et Stellantis. Mais aussi le nouveau propriétaire de FreeNow, Lyft, qui travaille avec Baidu pour faire rouler des taxis autonomes en Europe, en commençant par l’Allemagne et le Royaume-Uni. En France, l’arrivée de véhicules sans conducteur pourrait prendre un peu plus de temps en raison du cadre réglementaire, étant donné que seule la conduite autonome de niveau 3 reste autorisée.