Dans son troisième film, Leyla Bouzid (Une histoire d’amour et de désir) porte à l’écran les contradictions d’une famille charpentée par la présence féminine, de la grand-mère à la mère de Lilia (Hiam Abbass) en passant par sa tante et sa sœur.

De retour à Tunis, Lilia (Eya Bouteraa) est confrontée aux non-dits et aux secrets de sa famille.De retour à Tunis, Lilia (Eya Bouteraa) est confrontée aux non-dits et aux secrets de sa famille.De retour à Tunis, Lilia (Eya Bouteraa) est confrontée aux non-dits et aux secrets de sa famille.

Hantée par l’image de son oncle disparu et confrontée à la douleur de ses proches, Lilia fait le point sur sa propre existence, sur ses désirs alors que certains membres de sa famille, à commencer par sa grand-mère, interrogent ses choix de vie de trentenaire à Paris.

La cinéaste fait habilement cohabiter le passé et le présent en mêlant à l’image les sensations de Lilia adulte et les souvenirs de Lilia enfant, insouciante et joyeuse au milieu de ses cousins. Un passé dont les stigmates inconscients s’inscrivent douloureusement dans le présent de Lilia.

Sur la trame des amours contraintes, on songe bien sûr au film La Petite dernière d’Hafsia Herzi, qui interrogeait aussi le poids du secret et des non-dits au sein d’une famille musulmane, mais le contexte tunisien change singulièrement la donne dans ce pays où l’homosexualité est criminalisée. Lilia prend en effet conscience que le silence de son oncle Daly – qui était-il et qui aimait-il vraiment – a gâché sa vie et, en partie, celle de ses proches.

Le film met en lumière avec sensibilité les dilemmes et le poids du silence qui semblent devoir se transmettre de génération en génération au sein de nombreux clans tunisiens, un thème important exploré avec pudeur et retenue par Leyla Bouzid.

Souffrant, par moments de baisses de rythme et d’une interprétation inégale, le film ploie en partie sous le poids de ses propres contraintes, tout en s’emparant pleinement de cette thématique douloureuse. La jeune comédienne Eya Bouteraa porte avec force ce premier grand rôle inscrit en équilibre précaire entre sincérité et esquive.

Coproduit par la France et la Tunisie, le film a été présenté en compétition à la Berlinale 2026.

À voix basse Secrets et tradition Réalisation et Scénario Leyla Bouzid Image Sébastien Goepfert Avec Eya Bouteraa, Hiam Abbass, Marion Barbeau,… Durée 1h54.