Le maire Rassemblement national de Carcassonne a annoncé jeudi 11 juin son refus de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie pour l’organisation des élections législatives algériennes. Des courriers consultés par L’Indépendant montrent toutefois que Carcassonne Agglo avait déjà accepté, dès le 28 mai, la mise à disposition d’une salle pour accueillir le scrutin prévu du 27 juin au 2 juillet 2026.

Les ressortissants algériens de l’Aude pourront bien participer aux élections législatives organisées par leur pays du 27 juin au 2 juillet 2026. Et ce malgré l’annonce faite ce jeudi 11 juin par le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, qui a indiqué refuser de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie.

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux de la Ville, l’élu affirme avoir été sollicité par le consulat algérien et justifie son refus par les relations entre Paris et Alger. Christophe Barthès évoque notamment le sort réservé à l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, libéré après près d’un an de détention en novembre dernier, ainsi que la situation du journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis un an. « Il ne serait pas cohérent que la Ville de Carcassonne mobilise ses moyens pour contribuer à l’organisation d’un scrutin relevant des autorités algériennes », écrit-il.

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Le maire assure toutefois que sa décision « ne vise en aucun cas les ressortissants algériens résidant sur notre territoire » et la présente comme « un acte politique assumé à l’égard des autorités du régime algérien ». Une prise de position qui intervient alors que les relations franco-algériennes connaissent depuis plusieurs mois une tentative d’apaisement après une longue période de fortes tensions diplomatiques. Plusieurs déplacements ministériels ont eu lieu ces derniers mois entre les deux pays et Paris comme Alger ont affiché leur volonté de relancer leur coopération sur plusieurs dossiers.

Une salle accordée par l’Agglo dès le 28 mai dernier

Selon des courriers consultés par L’Indépendant, le consulat d’Algérie de Montpellier avait toutefois déjà engagé les démarches nécessaires auprès de Carcassonne Agglo plusieurs semaines avant cette opération de communication municipale.

Dans un courrier daté du 16 mai, le consul d’Algérie de Montpellier, Najib Boukhatem, sollicite la mise à disposition du centre social Max Savy, appartenant à l’Agglo afin d’y organiser les opérations de vote prévues entre le 27 juin et le 2 juillet. Le lieu demandé avait déjà accueilli un scrutin destiné aux ressortissants algériens lors de l’élection présidentielle algérienne organisée en 2024. Le 28 mai, le président de Carcassonne Agglo, Régis Banquet, répond favorablement à cette demande et confirme la mise à disposition de la salle.

Des échanges qui montrent qu’une solution d’accueil avait été trouvée près de deux semaines avant la prise de position publique du maire de Carcassonne et que cette dernière ne remet pas en cause la possibilité des Algériens audois de voter cet été.

Cette annonce a également fait réagir les élus municipaux d’opposition de Carcassonne Unie. Dans une publication diffusée jeudi sur les réseaux sociaux, ils affirment que « la mairie de Carcassonne n’aurait en réalité pas été sollicitée par le consulat d’Algérie » et s’interrogent sur une éventuelle volonté de l’édile de « créer une polémique ».

Pour l’heure, le consulat d’Algérie à Montpellier n’a pas répondu à nos sollicitations. La préfecture de l’Aude a quant à elle indiqué ne pas vouloir s’exprimer sur cette affaire.