Les relations sino-européennes “ont-elles atteint un point critique ?” s’interroge, sur la plateforme Weixin, le chercheur Sun Chenghao, du Centre d’études stratégiques et de sécurité de l’université Tsinghua, à Pékin, dans un article publié sur le compte Zhong-Mei Jujiao (“Focus Chine-Etat-Unis”), administré par la Fondation d’échanges internationaux du Pacifique.
Le chercheur constate que, dans la communauté stratégique européenne, le débat ne porte plus tant sur la manière d’approfondir la coopération sino-européenne que sur celle de la gestion des risques. Sun Chenghao souligne trois changements notables dans la perception que l’Europe a de la Chine, lesquels, selon lui, méritent une attention particulière.
Pendant longtemps, rappelle-t-il, les relations sino-européennes se sont principalement concentrées sur l’économie. Mais depuis quelques années, le Vieux Continent est davantage attaché aux questions de sécurité stratégique, qu’il s’agisse de véhicules électriques, d’intelligence artificielle, de minerais stratégiques, ou encore de flux de données et d’infrastructures numériques.
Pour le chercheur, ce changement reflète, en réalité, une contradiction interne à l’Europe. Car, d’une part, Bruxelles met l’accent sur la “gestion des risques” plutôt que sur un “découplage” avec Pékin, afin de ne pas tomber dans une confrontation totale. Mais, d’autre part, l’élargissement du concept de sécurité économique conduit à l’intégration croissante des questions liées à la Chine dans les considérations sur la sécurité au sens large. Ce qui, à terme, pourrait se transformer en un éloignement économique plus général entre les deux entités.
Le chercheur relève également les inquiétudes grandissantes des pays européens vis-à-vis de Pékin. Des inquiétudes qui ne se limitent plus à certains secteurs, mais à l’ensemble de l’écosystème. Cette évolution, estime Sun Chenghao, signifie que les relations sino-européennes passent de l’ère d’une “concurrence sectorielle” à celle, précisément, d’une “concurrence d’écosystème”.
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