Van Cleef & Arpels sur les traces de Cléopâtre? Oui : c’est à Paris que le joaillier de la place Vendôme a dévoilé, à sa façon, sa dernière collection de haute joaillerie en date. Nom? « Fascinations d’Egypte », manière de saluer, au pluriel, tout ce que ce que ce berceau de la civilisation a apporté en matière d’influences, de savoirs et de mythes au monde entier. Et Van Cleef & Arpels le fait à sa manière, toujours hautement singulière : aux stars, aux célébrités, aux ambassadeurs et ambassadrices qu’elle n’a pas (et ne veut pas avoir), la maison préfère un petit consortium de spécialistes de cette civilisation antique, réunis à l’occasion d’une présentation matinale de la collection. Une stratégie savante, qui permet d’appréhender les origines d’une des collections les plus remarquable de la saison.

La prsentation de la collection de haute joaillerie « Fascinations d'Egypte» de Van Cleef amp Arpels

La présentation de la collection de haute joaillerie « Fascinations d’Egypte» de Van Cleef & Arpels

Stéphane ABOUDARAM

Car après tout, l’histoire de Van Cleef & Arpels, dès ses débuts en 1906, vit au tempo de l’obsession culturelle du moment : l’égyptomanie. Ce courant, né plus d’un siècle auparavant avec les campagnes d’Egypte de Napoléon (même Joséphine se fera construire un cabaret égyptien dans son Château de la Malmaison) bat son plein depuis quelques décennies.

Bijoux  L'incroyable saga du collier Van Cleef  Arpels de la reine d'Égypte

Le collier de la princesse Faouzia d’Egypte, réalisé par Van Cleef & Arpels en 1939.

L’obélisque de la place de la Concorde, le succès phénoménal de l’opéra Aïda de Giuseppe Verdi, les poèmes d’Heredia donnent un aperçu de cette fascination absolue, encore visible du côté de la rue Vaneau, à Paris, où se dresse depuis 1806 une statue néo-antique qui pourrait bien représenter Antinoüs, le favori de l’empereur Hadrien… En 1922, la découverte de la tombe de Toutânkhamon va raviver, dans des proportions inédites, l’égyptomanie, bientôt traduite dans quelques unes des plus belles pièces de joaillerie de l’époque signées Van Cleef & Arpels figurant hiéroglyphes, fleurs de lotus, divinités de profil réalisées en platine, émeraudes, rubis, onyx, diamants… Et c’est sans oublier les liens qui vont unir la maison avec les grandes familles égyptienne : Van Cleef & Arpels réalisera en 1939 le collier de la princesse Faouzia pour son mariage avec le prince héritier d’Iran.