Après les rivages houleux de l’Atlantique basque en 2019, les leaders du G7 posent à nouveau leurs valises en France, sur les rives plus placides du lac Léman, pour un sommet qui n’aura cependant rien de paisible. Pour Emmanuel Macron, ce sera la dernière rencontre de ce format en qualité de président de la République. Deux mandats à tourbillonner sur la scène internationale en chef de la diplomatie française – voire européenne –, un domaine de prédilection qu’il a fini par s’arroger presque exclusivement tant l’Elysée a piétiné les plates-bandes du Quai d’Orsay.
Son entourage se plaît à rabâcher que la présidence d’un second G7 dans une carrière de chef d’Etat est une performance rare sur la scène internationale. Cette année, à Evian, Macron sera le seul à pouvoir s’en targuer. Pour la deuxième fois également, il reçoit son homologue américain dans ce contexte. Mais en 2019, le Donald Trump du premier mandat n’avait pas encore désorganisé l’ordre mondial, et l’Europe elle-même jugeait excessives les thèses macroniennes de «souveraineté» continentale sur les questions de défense et de géopolitique.
Sept ans plus tard, la cohésion du Vieux Continent est singulièrement renforcée, le volontarisme d’Emmanuel Macron ayant profité de deux défis majeurs : la