Le sourire est franc et la poignée de main chaleureuse. Bathie Ndiaye, 39 ans, raconte avec simplicité son parcours entre le Sénégal et la France, ces deux pays qui ont façonné son identité.
Ingénieur de profession, il vit à Dijon depuis 2015, avec sa femme et son fils de 6 ans. La famille va bientôt s’agrandir avec l’arrivée d’une petite fille cet été. « Moi qui ai beaucoup voyagé dans la vie, je trouve que Dijon est une ville adaptée pour les familles. Il y a de la vie, c’est facile pour se déplacer et on s’y sent bien. »
Bathie Ndiaye a emménagé en Côte d’Or en 2015 pour le travail. Pendant 10 ans, il a travaillé pour les pompiers du département, en tant qu’expert géomaticien : « Avec mon équipe, je gérais les bases de données et les cartes géographiques pour aider à localiser les sinistres, les feux de forêt et les interventions dans l’espace public. » Il ajoute : « Aujourd’hui, je suis à mon compte, j’apporte mon expertise et mes outils aux décideurs. »
« On vivait dans une bulle de bonheur »
Mais avant Dijon, avant même la France, il y a eu Dakar. Bathie Ndiaye est né et a grandi dans la capitale du Sénégal. Son père, commerçant, voyageait régulièrement en Europe pour les affaires. Lui garde surtout de bons souvenirs de son enfance, aux côtés de ses six frères et sœurs. « On vivait dans une bulle de bonheur. On n’a jamais manqué de rien. Avec mes proches, on a passé du bon temps sur la plage, à jouer au foot, se baigner et manger du poisson braisé. C’était super. »
C’est en 2010 que Bathie Ndiaye a quitté le Sénégal pour poursuivre ses études en France, à Carcassonne. « Quand j’ai débarqué ici, je n’ai pas ressenti de barrière. Dans ma famille, on a toujours eu le goût de voyage, la facilité d’aller vers l’autre et de nouer des liens. Je me suis vite intégré, ça s’est bien passé pour moi. »
À son arrivée dans l’Hexagone, Bathie Ndiaye était accompagné de son meilleur ami sénégalais, Daouda, rencontré à l’université. « C’était mon frère de cœur. On a vécu ensemble nos premières années en France. On était très soudés. Malheureusement, Daouda est décédé en 2015 des suites d’une maladie. Mon fils porte son prénom, en souvenir de sa mémoire. »
Le Dijonnais Bathie NDayie, 39 ans, est franco sénégalais. Lors de la prochaine Coupe du monde de football, il suivra de près le parcours des Lions de la Teranga, et de leur joueur vedette, Sadio Mané. Photo Nicolas Durdilly
« Le Sénégal est un pays de foot »
En tant que grand amateur et joueur de foot – « mon poste, c’est ailier gauche » – Bathie Ndiaye attend avec impatience le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026. Il suivra avec intérêt le parcours du Sénégal, qui nourrit de grandes ambitions pour cette compétition. « Le Sénégal est un pays de foot. Il suffit de se promener dans les rues de Dakar pour voir à quel point c’est un sport populaire. On a une très belle équipe, qui sort d’une CAN [Coupe d’Afrique des Nations, NDLR] réussie. Je pense qu’on peut aller loin dans cette compétition. J’espère qu’on ira au-delà des quarts de finale, notre meilleur résultat à ce jour. »
Parmi ses joueurs préférés, Bathie Ndiaye cite spontanément Sadio Mané qui, selon lui, est un ambassadeur de son pays d’origine. « Il dépasse le simple cadre du football. Il investit dans les écoles, les hôpitaux, les transports. Il aide les jeunes. C’est un exemple à suivre. Il veut renvoyer l’ascenseur et c’est tout à son honneur. J’essaye aussi, à mon échelle, d’apporter ma pierre à l’édifice. J’ai récemment créé une entreprise au Sénégal dans mon domaine d’expertise pour aider les responsables locaux. Ça me tient à cœur de rendre la pareille au pays qui m’a vu grandir. »
Le Dijonnais Bathie NDayie, 39 ans, est franco-sénégalais. Lors de la prochaine Coupe du monde de football, il suivra de près le parcours des Lions de la Teranga, et de leur joueur vedette, Sadio Mané. Photo Nicolas Durdilly
France-Sénégal, le souvenir marquant de 2002
Le match entre la France et le Sénégal, prévu lors de la phase de groupes, aura forcément une saveur particulière pour Bathie. « J’espère un match nul, mais avec des buts ! Je ne veux pas choisir entre mes deux pays. » Cette rencontre lui rappelle forcément le souvenir de la Coupe du monde 2002, et de la victoire historique des Lions de la Teranga face à la France lors du match d’ouverture (1-0). « C’était l’extase au Sénégal. Toute la famille s’était levée tôt pour regarder le match parce qu’il se jouait en Corée du Sud. Cette victoire reste gravée dans la mémoire de toute une génération. »
Le Sénégal est dans le groupe I. Il affronte la France le 16 juin, la Norvège le 23 juin et l’Irak le 26 juin.