Longtemps dans l’ombre du Ghana et du Mali, la Côte d’Ivoire s’est affichée en quelques années comme une destination montante de l’exploration aurifère en Afrique de l’Ouest. Le pays commence à récolter les fruits de cette attractivité, avec plusieurs projets qui arrivent à maturité au même moment.

La compagnie australienne Aurum Resources a publié le 11 juin une étude de préfaisabilité pour son projet aurifère Boundiali en Côte d’Ivoire, avec une mise en service attendue en 2028. Le projet s’ajoute à une vague de nouvelles mines, de Koné à Doropo en passant par Assafou, qui doit porter la production d’or ivoirienne vers de nouveaux sommets avant 2030.

Le plan de mine présentée dans l’évaluation d’Aurum Resources prévoit une production de 1,5 million d’onces sur 11 ans, dont 923 000 onces sur les 5 premières années, pour un investissement initial de 342 millions USD (environ 295,5 millions d’euros). La société veut boucler l’étude de faisabilité définitive fin 2026, avant une première coulée d’or attendue au premier semestre 2028.

Trois nouvelles mines en trois ans

Boundiali n’est que le dernier maillon d’une chaîne de projets qui se concrétisent à un rythme soutenu. À Koné, dans le centre-nord de la Côte d’Ivoire, Montage Gold a déjà engagé la construction de la future plus grande mine d’or du pays, et anticipe une première coulée dès fin 2026. La mine doit livrer plus de 300 000 onces par an au cours de sa première décennie d’exploitation.

À l’autre bout du pays, Resolute Mining a approuvé en mars la décision finale d’investissement pour sa mine Doropo, un projet devant livrer environ 169 000 onces par an pendant 13 ans. Endeavour Mining a complété le tableau en avril avec l’étude de faisabilité définitive d’Assafou, qui doit ajouter 320 000 onces par an au cours des 8 premières années d’une durée de vie de 16 ans.

Cette dynamique se lit déjà dans les prévisions officielles. Le directeur général des mines, Seydou Coulibaly, a indiqué à Reuters que la production nationale devrait passer de 59,33 tonnes en 2025 à 62 tonnes en 2026, avant d’atteindre 69 tonnes en 2028. Le pays compte actuellement 14 mines d’or en activité, un chiffre appelé à grimper bientôt à 15 avec Koné. À plein régime, Koné, Doropo, Assafou et Boundiali affichent ensemble une capacité théorique proche du million d’onces par an, soit environ 30 tonnes, même si cet ajout ne se traduira pas immédiatement dans les statistiques nationales.

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Stabilité réglementaire en ligne de mire

La vague de nouvelles mines en Côte d’Ivoire est le résultat de plusieurs années d’investissements dans l’exploration. Le gouvernement a accordé 171 permis de recherche en 2025, contre 151 en 2023, signe d’un intérêt croissant des compagnies pour un sous-sol encore moins exploré que celui du Ghana voisin, premier producteur africain d’or.

Selon le rapport World Exploration Trends 2026 publié en mars par S&P Global Market Intelligence, la Côte d’Ivoire a attiré 186 millions USD (environ 160,7 millions d’euros) d’investissements dans l’exploration minière en 2025, ce qui en a fait la première destination africaine en la matière l’année dernière. Cette attractivité se reflète aussi dans l’enquête annuelle du Fraser Institute publiée en février, où le pays a retrouvé son rang de juridiction minière la plus attractive d’Afrique de l’Ouest.

Si l’objectif de 100 tonnes d’or par an à l’horizon 2030 est encore lointain, il paraît mieux étayé qu’il y a quelques années. Il reste toutefois dépendant de la mobilisation effective du financement des projets, du respect des calendriers et d’un cadre réglementaire toujours favorable.

Le gouvernement a engagé depuis 2024 la révision du Code minier, dont les nouvelles dispositions fiscales et le niveau de participation de l’État pourraient s’appliquer aux projets dont la convention minière n’a pas encore été signée. Pour garantir les investissements attendus, le défi pour les autorités sera d’équilibrer la recherche d’une répartition plus favorable des revenus au profit de l’Etat ivoirien, avec un climat des affaires toujours attractif.