Serap Doğansoy

17 Juin 2026•Mise à jour: 17 Juin 2026

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Les dirigeants du G7 ont appelé à une réponse internationale « forte et coordonnée » face à la résurgence d’une épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, estimant que cette flambée représente un risque pour la sécurité sanitaire mondiale.

Dans une déclaration publiée dans la nuit de mardi à mercredi à l’issue du sommet d’Évian et soutenue par l’Égypte, l’Inde, le Kenya et la République de Corée, les chefs d’État et de gouvernement du G7 ont souligné que l’épidémie est concentrée dans une zone isolée et affectée par les conflits dans l’est de la RDC, compliquant les opérations de confinement, de traitement médical et d’acheminement de l’aide. Ils relèvent également que les vaccins, outils de diagnostic et traitements existants ne sont pas pleinement efficaces contre cette souche rare du virus.

Les dirigeants ont affirmé que leur priorité était d’empêcher la propagation de la maladie au-delà des zones touchées, vers les pays voisins et d’autres régions du monde. Ils ont insisté sur l’importance du traçage des contacts, de la surveillance aux frontières, des capacités de dépistage, des mesures de quarantaine et de l’engagement des communautés locales pour contenir l’épidémie.

Le G7 s’est engagé à mobiliser un soutien international coordonné afin d’accélérer le développement et le déploiement de vaccins, de traitements et d’outils de diagnostic adaptés à cette souche du virus au cours des prochains mois.

Le communiqué salue notamment le déploiement par les États-Unis de plus de 370 millions de dollars d’aide sanitaire et humanitaire dans la région, ainsi que l’engagement de Washington à consacrer jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires à la réponse contre Ebola. Les dirigeants mettent également en avant le soutien de l’Union européenne, qui mobilise 493 millions d’euros pour l’aide d’urgence, les vaccins, les traitements et la sécurité sanitaire dans la région des Grands Lacs et en Ouganda.

Les dirigeants ont par ailleurs appelé les autres pays, les organisations internationales et le secteur privé à accroître leur contribution face à ce qu’ils qualifient de menace mondiale. Ils ont également annoncé vouloir renforcer la coordination entre leurs autorités nationales concernant les mesures de voyage, de quarantaine et d’isolement applicables aux personnes ayant séjourné dans les zones affectées.

Cette mobilisation intervient alors que la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a averti mardi que l’épidémie pourrait durer encore un an et que son pic n’avait pas encore été atteint. Selon l’OMS, 808 cas, dont 192 décès, ont été recensés depuis la déclaration de cette flambée liée à la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible.

Le G7 souligne enfin que les efforts de santé publique sont compliqués par l’insécurité persistante dans l’est de la RDC et appelle les parties concernées à mettre en œuvre les accords de paix de Washington et le cadre de Doha. Les États-Unis ont annoncé la convocation prochaine d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 afin de mobiliser un soutien financier international supplémentaire pour lutter contre l’épidémie.​​​​​​​​​​​​​​