Une nouvelle étape a été franchie mercredi matin pour l’association Tonga Terre d’Accueil. Quatre servals ont quitté le refuge pour rejoindre l’Afrique du Sud, où ils entameront un processus de réhabilitation avant un retour progressif à la vie sauvage.

L’opération a débuté le matin avec la capture des félins dans leurs enclos. Un moment toujours spectaculaire et périlleux pour les soigneurs. Apeurés et agités, les animaux cherchent à se réfugier dans les moindres recoins de leurs boxes et manifestent leur mécontentement par des grognements. Il faut alors toute l’expérience des équipes présentes pour parvenir à les maîtriser et les guider dans des filets avant leur transfert dans les caisses.

« Si les lions sont endormis le temps de cette opération, les servals peuvent être attrapés au filet, ce qui évite une anesthésie qui reste toujours un acte à risque », explique Alexandre Blanchon, porteur du Roar Project, un programme qui vise à ramener les animaux sur leurs terres d’origine. Les félins ont ensuite pris la route en camionnette jusqu’à l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy.

Quatre et huit mois pour devenir autonome

Accompagnés de Thibault, soigneur animalier, et d’Alexandre, ils se sont envolés vers Johannesburg avant de poursuivre leur voyage par la route jusqu’à la réserve SanWild Sanctuary. À leur arrivée en Afrique du Sud prévue jeudi matin, les animaux devront encore passer les contrôles vétérinaires et douaniers avant un trajet supplémentaire d’environ six heures jusqu’au sanctuaire.

 « Durant tout le trajet, les servals sont à la diète. Cette période de jeûne ne pose pas de difficulté, les félins n’ayant pas besoin de se nourrir chaque jour. Ils auront de l’eau à disposition. Nous devrions les libérer de leurs caisses le soir même ou le lendemain matin », précise Alexandre.

Après un dernier effort de près de 48 heures de voyage, les animaux retrouveront ainsi de grands espaces où débutera leur phase d’adaptation. L’association a financé des enclos de réhabilitation destinés à leur permettre de retrouver progressivement leurs instincts naturels avant une remise en liberté : « La phase de réhabilitation dure généralement entre quatre et huit mois avant que les animaux ne puissent devenir autonomes. Un serval comme Cavale, qui avait réussi à survivre pendant six mois dans la nature du côté de Brignais en parvenant à chasser seul, devrait toutefois s’adapter plus rapidement » conclut Alexandre Blanchon.

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