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La plupart des joueurs de l’équipe nationale restent dans le championnat car ils sont dans leur confort.

Une équipe nationale qui a la particularité d’être composée à 73 % de joueurs évoluant dans le championnat sud-africain. Parmi les 19 joueurs de la liste des 26 sélectionnés concernés, 16 portent le maillot d’Orlando Pirates ou de Mamelodi Sundowns, les deux plus grands clubs du pays. Le premier a été sacré champion en cette fin de saison, mettant fin à la série de sept titres consécutifs du second. « Il y a une véritable domination de ces deux équipes dans le championnat, analyse Henri Stanic. La plupart des joueurs de l’équipe nationale restent dans le championnat sud-africain car ils sont dans leur confort : ils vivent dans un beau pays, travaillent dans de belles infrastructures et gagnent beaucoup d’argent. Les plus jeunes rêvent de jouer en Europe mais ceux qui ont plus de 25 ou 26 ans sont bien là où ils sont. Pourtant, le niveau est meilleur à l’étranger : Orlando ou Sundowns ont le même niveau qu’une équipe comme Charleroi, qui est milieu de tableau en Belgique. Hugo Broos a récemment expliqué qu’il souhaitait voir davantage de joueurs sud-africains partir à l’étranger. »

Henri StanicHenri StanicHenri Stanic évolue à Stellenbosch, en D1 sud-africaine, depuis l’été 2025. ©DR

Parmi les sept internationaux évoluant hors du championnat sud-africain, seuls deux jouent dans un des cinq grands championnats : Ime Okon (Hanovre) et Lyle Foster (Burnley), passé par le Cercle Bruges et Westerlo. « Foster est fort critiqué en Afrique du Sud car il n’apporte pas assez offensivement. De manière générale, l’attaque est normalement le point fort de cette équipe mais ce n’était clairement pas le cas face au Mexique. L’autre problème, c’est que l’équipe joue comme dans le championnat sud-africain, en voulant construire depuis l’arrière. Cela fonctionne parfois en championnat mais cela cale sur la scène internationale. Heureusement, il y a une vraie cohésion avec des joueurs qui se connaissent tous. Mais cela reste inquiétant de voir que la sélection n’a gagné aucun de ses six matchs disputés en 2026 (NdlR : trois défaites et trois nuls), il y a une grosse pression sur l’équipe. »

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Les gens s’animent pour le Mondial… mais restent beaucoup plus attirés par le rugby.

Une pression qui pèse logiquement sur les épaules du sélectionneur belge Hugo Broos, en poste en Afrique du Sud depuis 2021. D’autant plus depuis la plainte pour racisme déposée après des propos déplacés à l’égard de l’international Mbekezeli Mbokazi, arrivé en retard au rassemblement (« C’est un nouvel exemple du comportement peu professionnel de nombreux footballeurs sud-africains. C’est un garçon noir, mais il va quitter mon bureau comme un garçon blanc, car je ne peux pas l’accepter »). « L’image de Broos a été entachée pendant un mois puis la situation est redevenue normale. Les Sud-Africains sont contents de l’avoir, d’autant qu’il ne fait pas de favoritisme. Avant, ils connaissaient déjà la sélection avant son annonce car tout était très politisé. Hugo Broos sélectionne autant de jeunes que d’anciens et surprend parfois avec des joueurs venus de plus petits clubs qu’Orlando ou Sundowns. »

Reste désormais à l’Afrique du Sud à relever la tête face à la Tchéquie puis contre la Corée du Sud. Avec l’espoir d’accrocher une qualification pour les seizièmes de finale, l’objectif affiché par Hugo Broos. « Il faudra déjà être content si l’équipe sort des poules, conclut Henri Stanic. Dans le pays, les gens s’animent pour le Mondial… mais restent beaucoup plus attirés par le rugby. Un jour, j’entendais depuis mon salon des gens crier à 10 heures du matin dans un bar du quartier. Il n’y avait pourtant aucun match de football programmé… C’était en fait l’équipe nationale de rugby qui affrontait la Nouvelle-Zélande en amical (sourire). Il y a moins d’enthousiasme autour du football, même si le peuple veut voir l’équipe aller le plus loin possible. »