Au Forum MediTour d’Agadir, le Directeur Général de la SMIT a plaidé pour une nouvelle génération de destinations méditerranéennes fondées sur l’anticipation, l’investissement et la transformation territoriale.
À l’heure où le tourisme méditerranéen est confronté à une concurrence accrue, aux enjeux climatiques et à l’évolution rapide des attentes des voyageurs, une conviction s’impose : les destinations qui réussiront demain seront celles qui sauront se réinventer aujourd’hui.
C’est le message qu’a porté Imad Barrakad, Directeur Général de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT), lors du Forum MediTour organisé à Agadir, devant un parterre de décideurs, d’investisseurs, d’experts et de représentants des principales institutions touristiques méditerranéennes.
Plutôt que de dresser un bilan ou de multiplier les chiffres, le dirigeant marocain a choisi de partager une réflexion sur les conditions qui permettent à une destination de rester attractive dans la durée.
« Le plus grand risque pour une destination touristique est probablement l’immobilisme », a-t-il souligné. « Une destination qui cesse d’investir, qui cesse d’innover ou qui cesse d’anticiper les attentes des visiteurs finit progressivement par perdre son attractivité. »
Agadir, laboratoire d’une transformation touristique
Pour illustrer cette idée, Imad Barrakad s’est appuyé sur l’exemple d’Agadir. Longtemps identifiée comme une station balnéaire, la capitale du Souss-Massa connaît aujourd’hui une profonde mutation visant à diversifier son offre et à renforcer son positionnement international.
« Les destinations sont des organismes vivants », explique-t-il. « Elles doivent constamment se renouveler, enrichir leurs expériences et préparer leurs futurs relais de croissance. »
Cette transformation s’est accélérée grâce au Programme de Développement Urbain d’Agadir, qui a profondément amélioré les infrastructures, les espaces publics, la mobilité et l’attractivité globale de la ville.
Au-delà du tourisme, cette démarche a surtout permis d’améliorer durablement le cadre de vie des habitants, un élément que le Directeur Général de la SMIT considère comme fondamental dans toute stratégie de développement territorial.
Plus d’un milliard de dollars investis en dix ans
Cette évolution urbaine a été accompagnée par une dynamique d’investissement soutenue. Selon Imad Barrakad, plus d’un milliard de dollars ont été injectés dans le développement touristique d’Agadir et de son hinterland au cours de la dernière décennie.
Ces investissements ont permis de relancer plusieurs projets structurants et de préparer les prochaines étapes du développement régional. Parmi eux figure la zone touristique de Founty, qui devrait atteindre à terme une capacité d’environ 16 000 lits touristiques et accueille déjà plusieurs établissements de référence opérés par des enseignes internationales reconnues.
Plus au nord, Taghazout Bay s’est imposée comme l’un des nouveaux symboles du tourisme premium marocain, attirant des marques hôtelières internationales et développant une offre articulée autour du surf, du golf, du bien être et de l’expérience nature.
À proximité, Imi Ouaddar contribue au développement du tourisme national et familial, tandis que le projet Danialand, avec son futur téléphérique et ses équipements de loisirs, vise à renforcer l’animation touristique de la destination.
La prochaine étape se dessine déjà à Aghroud, qui représente l’un des plus importants potentiels de développement touristique du Royaume avec une capacité projetée dépassant 12 000 lits.
Les projets d’Anchor Point et d’Imsouane s’inscrivent également dans cette logique d’anticipation, avec une ambition claire : accompagner leur développement tout en préservant leur identité et leurs équilibres naturels.
Le rôle discret mais déterminant de l’ingénierie touristique
Au fil de son intervention, Imad Barrakad a également mis en lumière un sujet souvent absent des débats touristiques : l’ingénierie touristique.
Car derrière chaque destination performante se cache un travail de longue haleine associant planification, structuration, financement et accompagnement des investisseurs.
« Une destination ne se transforme pas grâce à un seul projet. Elle se construit progressivement. Projet après projet. Investissement après investissement. Innovation après innovation », a-t-il rappelé.
À travers la SMIT, l’État marocain a ainsi accompagné la plupart des grands projets touristiques de la région, à travers des interventions allant de l’ingénierie touristique à la structuration financière, en passant par l’aménagement et la mobilisation des investisseurs.
Un rôle souvent peu visible du grand public, mais essentiel dans la maturation des projets.
Une leçon pour l’ensemble de la Méditerranée
Au-delà du cas marocain, le dirigeant voit dans l’expérience d’Agadir un enseignement utile pour l’ensemble des destinations méditerranéennes.
Première région touristique du monde, la Méditerranée concentre une part considérable des flux internationaux. Mais cette position ne garantit rien.
Face aux nouvelles exigences de durabilité, à la pression sur les ressources naturelles et à l’évolution des modèles économiques, les destinations doivent désormais penser leur développement sur le long terme.
Pour Imad Barrakad, l’enjeu n’est plus uniquement d’attirer davantage de visiteurs, mais de construire des territoires capables de créer durablement de la valeur économique, sociale et environnementale.
Une vision qui place l’investissement, l’innovation et l’anticipation au cœur de la compétitivité touristique.
Et qui pourrait bien constituer l’un des principaux défis du tourisme méditerranéen dans les années à venir.
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