Au terme du premier jour de la Conférence de Munich sur la sécurité ce vendredi, Emmanuel Macron estime notamment que l’Europe devra «définir des règles de coexistence» avec la Russie.
Quelques heures après le discours de Friedrich Merz, Emmanuel Macron était particulièrement attendu ce vendredi en conclusion du premier jour de la Conférence de Munich, qui réunit une soixantaine de dirigeants internationaux au chevet de la sécurité et la stabilité internationale. Son discours fait une référence offensive au discours choc l’an passé du vice-président américain JD Vance, qui avait sidéré les Européens en les étrillant et les accusant d’avoir trahi la démocratie et la civilisation européenne.
Alors que les Européens abordent ce « Davos de la défense » sous l’intense pression de leur allié américain, qui leur reproche de ne pas assez prendre leur destin en main, et sous la menace de la Russie qui a envahi l’Ukraine, le président français a appelé les Européens à développer activement leur « boîte à outils » en matière de défense.
Le Figaro vous résume ce qu’il faut retenir de ce discours.
Prendre l’Europe en «exemple» plutôt que la «critiquer»
Un an après le discours choc prononcé à la même tribune par le vice-président américain JD Vance, Emmanuel Macron a appelé à prendre l’Europe en «exemple» plutôt que de la «critiquer» ou de la «caricaturer».
«L’Europe a été vilipendée comme une construction vieillissante, lente et fragmentée, reléguée par l’histoire. Comme une économie surréglementée et apathique qui se détournerait de l’innovation. Comme une société en proie à des migrations barbares qui corrompraient ses précieuses traditions. Et, plus curieusement encore, dans certains milieux, comme un continent répressif où la parole ne serait pas libre et où les faits alternatifs ne pourraient prétendre au même droit de cité que la vérité elle-même – ce concept désuet et encombrant», a lancé le président français à la Conférence sur la sécurité organisée chaque année dans la ville allemande.
L’Europe est «trop timide» et pas assez «fière»
Emmanuel Macron juge les Européens trop « timides ». Il estime «Nous n’arrivons pas à croire en nous-mêmes ». La veille encore, explique-t-il, les dirigeants européens ont longuement débattu de leur compétitivité, tout en appelant à «être fiers de ce qui a été réalisé sur le continent européen». Or, constate le président, cette fierté n’est pas au rendez-vous.
«Nous nous rapprochons de la paix» en Ukraine
Le président de la République voit «la paix se dessiner» en Ukraine, mais rappelle que la Russie continue de «tuer des civils». «Il faut continuer de cibler la flotte fantôme de la Russie. Nous devons faire pression. Nous voyons bien que les revenus de la Russie ont baissé de 25%, cela montre que toucher à cette flotte fonctionne vraiment», précise Emmanuel Macron, qui rappelle également les différentes aides avancées par la France et l’Europe à son allié ukrainien.
Emmanuel Macron appelle à rouvrir «un canal de communication transparent» avec les Russes, en coopération avec les Américains et les Ukrainiens. «Il n’y aura pas de paix sans les Européens, soyez en certains», martèle le président français. «Mettre fin à la guerre en Ukraine ne passe pas par des concessions aux demandes russes, mais par un renforcement de la pression», glisse-t-il, ajoutant que «la solution pour mettre fin à la guerre en Ukraine ne peut pas consister à céder aux exigences russes, mais à accroître la pression».
En cas de paix en Ukraine, l’Europe devra «définir des règles de coexistence» avec la Russie
Le chef de l’État a prévenu que l’Europe devra «définir ses règles de coexistence» avec la Russie une fois qu’un accord de paix sera trouvé pour mettre fin à la guerre en Ukraine, afin de «limiter le risque d’escalade».
«Les Européens doivent entamer ce travail, avec leur propre réflexion et leurs propres intérêts», a dit le président français. Il a proposé aux Européens de «lancer une série de consultations sur ce sujet important».
Et s’ils veulent être en «position de force» pour discuter avec la Russie à l’avenir, les pays du Vieux Continent doivent «développer activement» leur «boîte à outils» en matière de défense, notamment en matière de systèmes de «frappes de précision» en profondeur, a-t-il estimé.
Examiner comment articuler la dissuasion nucléaire française au service de l’Europe
S’ils veulent être en «position de force» pour discuter avec la Russie à l’avenir, les pays du Vieux Continent doivent «développer activement» leur «boîte à outils» en matière de défense, notamment en matière de systèmes de «frappes de précision» en profondeur, estime le président français.
«C’est le bon moment pour faire preuve d’audace. C’est le bon moment pour une Europe forte», a-t-il ajouté. Le président français a indiqué avoir engagé un dialogue avec le chancelier Friedrich Merz et d’autres dirigeants européens afin d’examiner comment articuler la dissuasion nucléaire française au service de l’Europe.
Être «un bon partenaire pour les États-Unis»
Dans les derniers instants de son discours, qui a été chaudement applaudi par l’assistance, Emmanuel Macron appelle à «être clair» pour «être un bon partenaire pour les États-Unis», demandant l’Europe «à ne pas être une charge» mais une puissance «qui doit être respectée».