L’Agence spatiale européenne mène un projet de bras robotisé avec épaule, coude et poignet, doté de caméras et de capteurs de force lui conférant un sens du toucher. Réalisé par un consortium d’industriels piloté par Leonardo, ce robot est conçu pour collecter des échantillons géologiques sur Mars et sur la Lune en toute autonomie. Il est en cours d’assemblage.

La collecte d’échantillons de sol sur la Lune pourrait ne plus nécessiter d’intervention ou de supervision humaine. L’Agence spatiale européenne (ESA) a initié un projet de bras robotisé décrit comme “le plus complexe d’Europe”, en préparation des futures missions sur la Lune et sur Mars.

Deux caméras, des capteurs de force et de précision

Baptisé Sample Transfer Arm (STA), ce robot imite la configuration d’un bras humain avec une épaule, un coude et un poignet. Il peut atteindre 2,4 mètres de long une fois déplié et “effectuer une large gamme de mouvements avec sept degrés de liberté”, détaille l’ESA dans un communiqué publié le 17 juin. Sa particularité réside dans son autonomie : bien qu’il soit destiné à être fixé à sur un atterrisseur, il dispose de ses propres systèmes de perception, de planification et d’exécution.

Le robot comprend ainsi deux caméras et une suite de capteurs. Figure notamment un capteur de force et de couple, ce qui confère à l’appareil un “sens du toucher” et lui permettrait de “saisir et déplacer des objets avec une importante dextérité”. L’ESA soutient que ce capteur perçoit à la fois les mouvements de poussée, de traction et de torsion exercés sur un objet dans son environnement. Les articulations embarquent des capteurs de position, afin de situer avec précision l’extrémité du bras, et une pince assure une manipulation des échantillons au millimètre près.

Phase de tests dans les semaines à venir

Le bras robotisé STA a été initialement développé dans le cadre d’une campagne de l’ESA et de la NASA intitulée “Mars Sample Return”. L’appareil était alors conçu pour récupérer des tubes d’échantillons martiens, les transférer dans un conteneur de lancement et charger ce conteneur dans une fusée pour la placer en orbite autour de Mars, avant qu’un orbiteur ne le récupère et ne reparte vers la Terre. Après plusieurs réévaluations du projet, la campagne a finalement été suspendue.

Pour mettre à bien ce projet, l’ESA a réuni un consortium d’industriels piloté par la société aérospatiale italienne Leonardo. Font notamment partie de ce consortium le français 3DPlus (composants électroniques tolérants aux radiations spatiales), les espagnols GMV et AVS, le suisse Maxon et le roumain Comoti. Pour l’heure en cours d’assemblage, le robot STA sera testé dans des scénarios spatiaux en Italie “dans les semaines à venir”.

L’Agence spatiale européenne réfléchit à d’autres technologies robotiques pour ses futures missions sur Mars et sur la Lune. Une équipe de chercheurs issue à la fois de l’ESA, de l’École polytechnique de Zurich et de deux universités suisses ont ainsi prouvé que les robots quadrupèdes pouvaient se déplacer vers plusieurs cibles et effectuer des mesures en semi-autonomie sur des surfaces planétaires reconstituées.