Les Français champions de l’achat de vélos électriques en ligne. C’est l’info étonnante que révèle cette étude GfK E-Bike Monitor menée par NielsenIQ dans quatre pays européens. Avec 43 % de VAE achetés sur le web, la France devance largement l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Mais derrière ce « record » se cachent des particularités bien françaises. Weelz! fait le point.

Acheter son vélo électrique en ligne, le réflexe qui distingue les Français

L’institut NielsenIQ publie chaque année depuis 2018 son GfK E-Bike Monitor. Pour l’édition 2026, portant sur l’année 2025, l’organisme a interrogé 2 000 personnes aux Pays-Bas et 1 000 dans chacun des trois autres pays étudiés : France, Allemagne et Belgique.

L’enquête porte sur les profils, les motivations et les habitudes d’achat des acheteurs de vélos électriques, actuels comme futurs. Elle dessine quatre marchés qui évoluent dans des directions parfois opposées.

43 % des VAE achetés en ligne, la France en tête

« Près de quatre achats sur dix réalisés en ligne »

Le chiffre marquant de l’étude concerne donc notre Hexagone. En France, 43 % des personnes interrogées déclarent avoir acheté leur vélo électrique sur internet. C’est le taux le plus élevé des quatre pays, soit près de quatre achats sur dix réalisés en ligne. Une habitude que nos voisins n’ont pas encore adoptée au même degré.

L’Allemagne suit une trajectoire inverse. La part de marché en ligne y a reculé à 36 % en 2025, contre 64 % d’achats réalisés en magasin. La Belgique reste stable, avec 32 % de VAE achetés sur le web et 68 % en boutique.

Quant aux Pays-Bas, ils demeurent les moins connectés du panel, mais leur part en ligne progresse : 25 % en 2025, en nette hausse par rapport aux années précédentes.

Pourquoi l’Allemagne et la Belgique restent fidèles aux vélocistes ?

Si les Allemands reviennent vers les boutiques, ce n’est pas un hasard. Selon NielsenIQ, ils accordent une grande valeur à l’essai du vélo, au conseil et à la disponibilité immédiate du produit.

Et ce, même si les prix pratiqués en ligne restent souvent nettement plus bas. En Belgique aussi, malgré un écart de prix marqué entre le web et le magasin, le point de vente physique conserve sa place de canal dominant.

Aux Pays-Bas, la dynamique change peu à peu. La montée des achats en ligne s’explique par la facilité de comparer les prix et par une offre élargie de modèles abordables. Étant donné la culture vélo très installée du pays, le réflexe de la boutique reste fort, mais il s’érode lentement.

En France, le vélo électrique, c’est pour la balade…

Au-delà du canal d’achat, l’étude pointe une autre singularité française. Dans les pays dotés d’infrastructures cyclables développées, le vélo électrique s’impose comme une alternative à la voiture pour les trajets longs.

Les Néerlandais interrogés l’utilisent de plus en plus pour leurs déplacements quotidiens, glissant d’un usage récréatif vers un usage fonctionnel. L’Allemagne affiche un kilométrage hebdomadaire comparable, et la Belgique met en avant la mobilité active et le désir de se passer de voiture.

© Bosch eBike

La France se démarque sur ce point. D’après NielsenIQ, les facteurs récréatifs restent les plus présents dans l’esprit de l’acheteur français de VAE. Chez nous, le vélo électrique séduit donc d’abord pour le loisir, avant de devenir un véritable outil de déplacement. Une nuance qui en dit long sur la maturité de notre marché par rapport à ses voisins du Nord.

Deux angles morts sur le marché français

Dernier enseignement, et non des moindres : la sécurité. La France affiche le taux d’expérience de vol le plus élevé des quatre pays, avec 18 % des sondés concernés. La Belgique suit à 16 %, devant l’Allemagne à 13 % et les Pays-Bas à 11 %.

Par conséquent, les Français montrent un plus fort appétit pour le leasing et le financement, toujours selon l’institut. Les Allemands, eux, se distinguent par le recours au leasing via l’employeur, de loin le plus répandu des quatre pays.

Aux Pays-Bas, la priorité va aux garanties concrètes : risque de vol, autonomie de la batterie, conditions d’entretien. Autant de préoccupations qui pèsent désormais au moment de passer en caisse.

Ce que l’étude ne dit pas sur l’achat en ligne

Notre avis : l’enquête aligne les pourcentages, mais laisse plusieurs questions ouvertes. Quelles marques et quels modèles les Français achètent-ils vraiment sur le web ? Et surtout, à quel tarif ? Ces données changeraient sans doute la lecture de ce « record » hexagonal.

Posons l’hypothèse. Si les Français figurent en tête de l’achat de vélo électrique en ligne, ne serait-ce pas aussi par manque de culture vélo ? Quand on ne sait pas vraiment ce qui distingue un vélo de qualité, on regarde d’abord le prix.

Et la valeur moyenne qu’un Français accorde à un vélo n’est probablement pas celle d’un Allemand, d’un Néerlandais ou d’un Belge. Par conséquent, le réflexe consiste souvent à choisir un VAE d’entrée de gamme, plus simple à commander d’un clic.

Sur ce point, il est dommage que nos chers concitoyens n’aient pas le réflexe de filer en boutique pour obtenir un meilleur conseil.

Via Bike Europe.

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