Des archéologues égyptiens envoyés en mission à Jabal al-Tayr, dans le gouvernorat de Minya, ont mis au jour une grande nécropole qui couvre plusieurs périodes de l’histoire de l’Égypte ancienne. Deux tombes datant de l’époque dynastique archaïque, mais aussi des sépultures de la période prédynastique et de la Basse Époque, ont été révélées par ces fouilles.

Elles étaient jusqu’alors cachées sur une « élévation calcaire près du Nil », a expliqué, samedi 20 juin, le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités sur le réseau social Facebook. Pour Sherif Fathy, cette découverte « apporte des preuves importantes qui permettent de suivre l’évolution de l’architecture funéraire à travers différentes périodes de l’histoire de l’Égypte ancienne ».

Deux tombes au design inhabituel

Les deux tombes datant de la période prédynastique, ère durant laquelle s’est mis en place le premier État pharaonique, approximativement entre 3100 et 2686 avant Jésus-Christ, ont particulièrement intéressé les chercheurs. Leurs premières analyses insistent sur leurs ressemblances architecturales avec le tombeau primitif du roi Den, l’un des souverains les plus importants de cette époque. Ces similitudes pourraient montrer que « des bâtisseurs de différentes régions d’Égypte partageaient déjà des idées communes sur la conception des monuments funéraires », explique Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités.

La première tombe se distingue surtout par sa technique de construction. Ses murs sont plus épais à la base et s’affinent progressivement vers le sommet. Pour les archéologues, cette méthode renforce non seulement la stabilité de l’ensemble, mais reflète, déjà il y a plusieurs millénaires, la compréhension de la notion de poids et d’équilibre structurel. Ils estiment que cette conception pourrait représenter « une étape préliminaire de la réflexion en ingénierie qui a ensuite contribué au développement de la pyramide à degrés et, finalement, des pyramides complètes ».

Un site utilisé avant la naissance de l’État pharaonique

Au milieu des dégâts, notamment dus à la réutilisation de certaines pierres au fil du temps, les chercheurs ont aussi identifié des traces de taille sur les blocs et de longs renforts en bois destinés à consolider les murs. Ces fouilles ont également révélé que le site était utilisé bien avant la naissance de l’État pharaonique. Une partie d’un cimetière prédynastique a été retrouvée, avec plusieurs défunts enterrés en position repliée, parfois enveloppés dans des nattes végétales aujourd’hui presque entièrement décomposées.

Des poteries à bord noir, « caractéristiques des périodes Nagada II et Nagada III », ont été déposées à leurs côtés pour les accompagner dans leur grand voyage. En outre, des tombes individuelles et collectives de la Basse Époque, certaines encore installées dans les vestiges de cercueils en bois, ont été découvertes. Comme le résume l’équipe de recherche, ces découvertes prouvent que le site a été « choisi à plusieurs reprises pour accueillir les morts lors des grandes étapes de l’histoire égyptienne, de la période prédynastique jusqu’à la Basse Époque ». Plus qu’un simple cimetière.