Depuis cinq ans, une femme tente d’obtenir la libération de son mari, un garagiste franco-tunisien détenu en Tunisie depuis 2021 dans le cadre d’une affaire de trafic de stupéfiants dont il conteste toute implication. « Ça n’a aucun sens. Je suis fatiguée, épuisée. On se bat contre du vent », a-t-elle confié à  BFMTV samedi 20 juin 2026.

Acquitté dès 2011

L’affaire remonte à 2008. À l’époque, un homme arrêté dans une enquête sur un trafic de drogue cite le nom d’Onsi Abichou aux enquêteurs tunisiens. Or, le garagiste de Massy (Essonne) affirme avoir juste vendu un véhicule à cet individu. Arrêté en Allemagne en 2009 puis transféré en Tunisie, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité malgré ses dénégations.

Quelques mois plus tard, le principal témoin revient sur ses déclarations et affirme avoir accusé Onsi Abichou sous la contrainte. En appel, ce dernier est acquitté en 2011 et retourne en France. Mais la situation se complique lorsque la Cour de cassation tunisienne annule son acquittement après avoir remarqué un vice de forme. Jugé à nouveau en son absence, il est condamné une seconde fois à la perpétuité sans en être informé. Lors d’un voyage en Tunisie en 2021, il est arrêté puis incarcéré.

« Ce n’est plus du juridique, c’est de la stupidité »

Depuis, la Cour d’appel a prononcé cinq acquittements successifs en sa faveur. À chaque fois, la Cour de cassation a annulé ces décisions, invoquant des irrégularités procédurales ou un manque de motivation des jugements. Début juin, un nouvel acquittement a encore été annulé. « Ça n’a plus de sens, ce n’est plus du juridique, c’est de la stupidité », déplore son épouse, affirmant également se sentir abandonnée par les autorités françaises.

Joint par nos confrères, le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’Onsi Abichou avait « bénéficié de 19 visites consulaires » et que ses services « sont pleinement mobilisés pour lui porter assistance et s’assurer de ses conditions de détention et de son état de santé ». Le quai d’Orsay a toutefois rappelé ne pas pouvoir intervenir dans les procédures judiciaires tunisiennes en cours.