Publié aujourd’hui à 18h27
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Aussi gros qu’une banque, aussi agile qu’une jeune pousse. Fondé par les Américains Drew Durbin et Lincoln Quirk, Wave Mobile Money suit une trajectoire spectaculaire depuis sa création en 2018 à Dakar. Avec plus de vingt-trois millions de comptes actifs mensuellement, la fintech fait mieux que l’ensemble des cent soixante établissements de crédits agréés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, 22,2 millions de comptes bancaires).

En 2024, Wave Mobile Money captait 28,4 % du volume des transactions de la zone et 38,2 % de leur valeur, contre 6,3 % seulement en 2022, année de l’arrivée de Coura Tine Sène à la tête de la société. La fintech est devenue un mastodonte d’un marché, la monnaie électronique, en pleine croissance.

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En une décennie, ce marché a opéré un basculement structurel dans les huit économies de l’Uemoa. En 2024, il a enregistré 11 milliards de transactions pour une valeur cumulée de 160 415 milliards de francs CFA, soit l’équivalent de 118,94 % du PIB régional, selon la Banque centrale de l’Uemoa (BCEAO). Le nombre de comptes de monnaie électronique a bondi à 248 millions, contre seulement 25,5 millions il y a dix ans. Le taux d’inclusion financière dans l’Uemoa atteint désormais 73,6 % des adultes, avec le mobile money comme premier vecteur de cette bancarisation de masse.

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Modèle tarifaire radical

Née sur les quais de pêche sénégalais, auprès de mareyeurs informels, la fintech a construit sa légitimité grâce à un modèle tarifaire radical : une commission de 1 % seulement sur les transferts, ainsi que des dépôts et retraits gratuits.

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Au-delà du transfert d’argent, Wave Mobile Money étend son offre : lancement de produits d’assurance, partenariat avec le ministère sénégalais de la Santé pour les paiements dans les hôpitaux publics, prise en charge des tickets de transport en commun. En juin 2025, la société a levé 117 millions d’euros pour financer cette expansion. Valorisée à 1,7 milliard de dollars, elle reste la première licorne d’Afrique francophone. « On peut dire que l’Afrique a raté la révolution industrielle, mais je pense que l’Afrique ne va pas rater la révolution technologique », souligne Coura Tine Sène au cours d’un entretien* réalisé en marge de l’Africa CEO Forum**, organisé à Kigali, les 14 et 15 mai.

Le programme Jigeen ak Wave

C’est dans ce contexte que s’inscrit sa vision. Ingénieure informaticienne diplômée de Polytech Lille, elle dirige depuis 2022 la stratégie de la fintech en Afrique francophone. Sous son impulsion, Wave a fait de l’inclusion des femmes un axe stratégique : 40 % des clients actifs au Sénégal sont des femmes. Le programme Jigeen ak Wave (« Les femmes avec Wave » en wolof) déploie des équipes dans les régions pour digitaliser des pratiques existantes, tontine en tête, plutôt que de réinventer des usages.

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Fort de ces succès, Wave Mobile Money a créé en octobre 2025, Wave Bank Africa en Côte d’Ivoire pour tenter de devenir une banque universelle et révolutionner ce secteur depuis l’intérieur. Une stratégie que la dirigeante sénégalaise refuse, pour le moment, d’évoquer publiquement.

* Chaque lundi, la rédaction Économie de Jeune Afrique vous propose une interview d’un acteur économique majeur du continent en vidéo.
** L’Africa CEO Forum est un événement organisé par Jeune Afrique Media Group, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC).

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