En marge du 39e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenu les 14 et 15 février à Addis-Abeba, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a mis en lumière l’expérience marocaine en matière de généralisation de la protection sociale et de transformation du système de santé.
S’exprimant lors du Dialogue de haut niveau sur les finances et la santé, organisé conjointement par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le ministre a souligné que le financement du secteur constitue une priorité stratégique pour le Royaume. Il a indiqué que le budget du ministère est passé d’environ 2 milliards de dollars en 2021 (près de 19,7 milliards de dirhams) à plus de 4 milliards de dollars en 2026 (42,4 milliards de dirhams), traduisant, selon lui, un engagement politique soutenu en faveur de la réforme.
Pour M. Tehraoui, l’enjeu ne se limite pas à l’augmentation des ressources allouées, mais réside également dans l’optimisation de leur utilisation. Il a insisté sur la nécessité d’adopter une approche fondée sur l’efficacité et la soutenabilité, afin de garantir la viabilité à long terme du système de santé.
Le ministre a par ailleurs mis en avant le changement de paradigme engagé par le Maroc, passant d’un modèle centré sur la couverture des coûts à une architecture où la protection sociale constitue le socle structurant du financement de la santé. Cette évolution concerne aussi bien l’organisation de l’offre de soins que la gestion des dépenses, avec pour objectif d’assurer un équilibre durable.
Salignant la portée politique de ce dialogue, il a appelé à un alignement étroit entre choix stratégiques, décisions budgétaires et partenariats, en vue de bâtir des systèmes de santé africains plus solides, autonomes et résilients. Sa participation a donné lieu à des échanges avec ses homologues africains et des responsables d’institutions financières internationales sur les mécanismes de mobilisation des ressources nécessaires au renforcement de la souveraineté sanitaire.
La présence du Maroc à cette rencontre s’inscrit dans une dynamique continentale marquée par des défis croissants en matière de financement de la santé. Le dialogue vise notamment à favoriser une meilleure coordination entre les secteurs des finances et de la santé, à promouvoir des mécanismes innovants de financement et à encourager la production locale de médicaments et de vaccins, tout en consolidant les capacités africaines de préparation et de riposte face aux urgences sanitaires.
À travers cette participation, le Royaume réaffirme son engagement en faveur de l’agenda sanitaire africain et de la construction de systèmes de santé capables de répondre efficacement aux crises et aux besoins des populations.