Par

Yann Guénégou

Publié le

25 juin 2026 à 18h14

Construit sur le campus de l’Ensta (École nationale supérieure de techniques avancées) dans le quartier de l’Europe à Brest et opérationnel depuis avril 2026, le nouveau bâtiment de plus de 900 m2 de surfaces techniques abrite un équipement unique en Europe : le bassin d’expérimentation air-mer. Avec sa volière de drones. Il a été inauguré mercredi matin, 24 juin.
Un investissement de 3,54 millions d’euros, financés par le contrat de plan État Région 2021-2027 : Europe, ministère des Armées, Région Bretagne, Département du Finistère, Brest métropole.

Une volière à drones

Mais pourquoi cet équipement est-il dit d’exception ? « Parce qu’il est unique en Europe », assurent Estelle Iacona et Raymond Levet, respectivement directrice générale et directeur général délégué de l’Ensta.

Le nouveau bâtiment construit sur le campus de l'Ensta à Brest abrite le bassin d'expérimentation air mer
Le nouveau bâtiment construit sur le campus de l’Ensta à Brest abrite le bassin d’expérimentation air mer. ©Côté Brest

Le bâtiment, conçu sur deux étages, abrite un grand bassin d’eau douce de 20 m de long, 12 de large et 6 de profondeur. « L’une de ses innovations majeures tient à sa couverture en toile, qui laisse passer les ondes satellites et radio », renseigne Benoît Clément, enseignant chercheur en acoustique sous-marine. « Cette architecture originale permet aux drones et autres technologies de capter les signaux GPS directement à l’intérieur du bâtiment. »

Autre point qui le distingue : une volière à drones surplombant l’eau jusqu’à 5 m de haut. « Tout cela va offrir des conditions idéales pour tester des prototypes de grande taille, des meutes de robots et les combinaisons de systèmes d’observation nécessaires à la description du milieu océanique », affirment les spécialistes.

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Avant l'inauguration officielle des étudiants de l'Ensta ont proposé quelques démonstrations.
Avant l’inauguration des étudiants de l’Ensta ont proposé quelques démonstrations. ©Côté Brest

« C’est un véritable accélérateur de l’innovation maritime en robotique autonome, systèmes acoustiques et nouvelles technologies d’observation mobiles, qui vient renforcer les capacités nationales et européennes de compréhension et de surveillance de l’océan. »

Sous-marins, marins, aériens…

Fabrice Le Bars, enseignant chercheur en robotique, le rappelle : « À l’origine, c’est un projet qu’on avait appelé salle de tests pour drones multimilieux, renseigne-t-il. L’idée était d’avoir un espace conçu dès le départ pour nous aider à mettre au point différents types de robots et drones, qu’ils soient sous-marins, marins, aériens ou même roulants, amphibies. Pour les tester dans des conditions relativement contrôlées. C’était le chaînon manquant, entre une petite salle de tests (que nous avons) et l’ultime étape, la mer, ici la rade de Brest. »

Enseignant chercheur en robotique, Lionel Lapierre ajoute : « Nous constatons que ce bassin va non seulement nous servir de lieu d’expérimentation pour valider nos preuves de concept sur les développements de nos recherches, mais qu’il sera aussi un support pédagogique à toute la formation de l’école. Et sera un point d’attractivité international aussi, parce que des bassins comme ça, qui puissent accueillir des engins sous-marins et des engins aériens, c’est assez unique en Europe. Nous imaginons déjà des événements internationaux avec des concours autour de ce bassin, que nous organiserions. »

Des exemples de projets

Les professionnels l’assurent : « Les domaines d’application de ce bassin son vastes. » De la défense et sécurité en mer jusqu’à la veille environnementale marine en passant par les énergies marines, le transport maritime, la modélisation et surveillance des fonds marins et littoraux, l’exploration et description des grands fonds…

« Nous accueillons déjà des projets d’envergure », se félicitent-ils. En citant RACAM, une flotte de robots dédiée à l’étude de la cybersécurité des meutes de drones. Mais aussi ID-GF (pour Imageur distribué grand fond), un programme de flotteurs autonomes avec de nouvelles modalités de communications hybrides, sous-marines, pour l’exploration des grands fonds.

Démonstration dans le bassin d'expérimentation air mer à l'Ensta à Brest.
Démonstration dans le bassin d’expérimentation air mer à l’Ensta à Brest. ©Yann Guénégou

Ou encore Robot sous-marin ravitailleur, un système permettantaux drones en immersion sous-marine de se connecter pour du transfert de données ou la recharge en énergie.

Dernier exemple : MOSTS, une flotte de robots coordonnés, reliés par des câbles, pour déplacer des objets lourds sous l’eau (manipulation aujourd’hui réalisée depuis la surface) avec plus de précision, de stabilité et de flexibilité.

Des projets de pointe. À la pointe du Finistère.

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