Une vidéo capturée dans le sud-ouest de la Libye a permis de documenter la présence de chats des sables dans la région. Cette espèce s’est adaptée pour survivre dans des zones arides et désertiques du globe. 

Son existence fut longtemps un mirage aux yeux des chercheurs. En Libye, les rumeurs de la présence de chats des sables circulent depuis des années sans qu’aucune preuve matérielle n’ait jamais pu l’étayer. C’est désormais chose faite, grâce à des images capturées par le photographe animalier Mohammed Almuntasir, dans le sud-ouest du pays.

Après nombre de recherches infructueuses, une simple vidéo de quelques secondes a rebattu les cartes des connaissances scientifiques de la région. On peut y distinguer un petit chat au pelage jaune-beige s’attelant à creuser un trou dans le sable de dunes reculées, avant de s’abriter à l’ombre d’une plante désertique. 

Sur la trace du chat des sables libyen

Capturées en 2017, ces images n’ont attiré l’attention des chercheurs que très récemment. «Quand j’ai publié la vidéo, personne ne croyait qu’elle avait été filmée en Libye », a affirmé Mohammed Almuntasir, interrogé par nos confrères du Guardian. Le photographe s’est obstiné à maintenir sa version, glanant au fil des ans des contacts avec de nombreux chercheurs. Sa rencontre avec Firas Hayder, un zoologiste spécialisé dans les petits carnivores, fut salvatrice.

«Il m’a convaincu que nous devions collaborer à une étude pour documenter le retour de cet animal en Libye et l’inscrire parmi les espèces sauvages libyennes», indique Mohammed Almuntasir. Tous deux se sont alors lancés dans une traque pour retrouver les traces et documenter la présence de cette espèce de félin en Libye.

Cette collaboration a abouti à une étude publiée dans le Journal of Arid Environments, en février 2026. Au total, la présence de chats des sables a été documentée sur treize sites du Sahara libyen, dont la majorité est concentrée dans le Wadi Armet, une vallée isolée située à environ 1.000 km au sud-ouest de Tripoli. Ces découvertes suggèrent que le sud-ouest du pays pourrait constituer un refuge important.

Une espèce rare supportant des températures à 52 °C

Il faut dire que cette espèce sauvage est habituée des zones arides et désertiques du globe, celle-ci s’étant adapté au fil du temps aux conditions éprouvantes de cet habitat. De son nom scientifique, Felis margarita, le chat des sables est relativement petit et sa couleur sable le rend presque impossible à repérer dans le désert. Il peut supporter des chaleurs allant jusqu’à 52°C et faire face aux sables brûlants grâce à ses coussinets recouverts de poils.

Cette espèce est peu regardante quant à sa nourriture, en raison des conditions dans lesquelles elle évolue. Ainsi, elle se nourrit principalement de rongeurs, d’insectes et de lézards, qu’elle peut repérer grâce à son ouïe et de son odorat qui sont particulièrement développés. La présence du Felis margarita est surtout documentée dans les pays d’Afrique du Nord, tels que la Tunisie, le Maroc, l’Égypte. La Libye rejoint donc cette liste.