Une décennie après le Dieselgate, le
diesel reste un pilier pour Audi, BMW et Mercedes. Alors que
l’Europe se détourne de cette technologie, ces marques allemandes
persistent dans leur stratégie commerciale.

En France, les statistiques sont claires : en 2025, le diesel ne
représentait plus que 5,93 % des immatriculations,
soit une chute drastique par rapport à il y a dix ans où il était
dix fois plus présent. Cette baisse contraste fortement avec la
montée en puissance des hybrides essence non rechargeables, qui
dominent désormais le marché avec plus de 42 % de parts.

Cependant, en examinant de plus près le classement des diesels
les plus vendus, une tendance se dessine. En dehors des modèles
français comme la Renault Clio, la Peugeot 308 et la Citroën C5
Aircross qui occupent les trois premières places des ventes de
diesels neufs en France en 2025, les marques allemandes suivent de
près : Mercedes Classe A, Mercedes GLA, Mercedes GLC, BMW Série 1,
Volkswagen Tiguan et Volkswagen T-Roc.

Trois marques haut de gamme qui assument leur choix

Selon le quotidien économique allemand Handelsblatt, les
marques premium allemandes résistent bien dans ce domaine :
Audi, BMW et Mercedes continuent de produire des véhicules
diesel en grande quantité en Europe. Audi vend près d’un
quart de ses voitures avec ce type de moteur sur le continent. BMW
fait légèrement mieux avec 25,2 %, offrant des versions diesel
(souvent hybrides) sur presque toute sa gamme, de la Série 1 au
grand X7.

Le cas le plus surprenant est celui de Mercedes : non seulement
la marque affiche 29,2 % de ventes de diesels en Europe, mais cette
proportion a même augmenté d’un point en un an. Cette tendance à
contre-courant soulève des questions sur la stratégie de Mercedes,
qui semble croire que sa clientèle haut de gamme n’est pas encore
prête à renoncer au diesel.

Un pari risqué à moyen terme ?

La persistance des constructeurs allemands à maintenir le diesel
suscite des interrogations. Ces moteurs trouvent encore des
acheteurs, surtout pour les SUV et les véhicules professionnels où
l’autonomie et le couple sont des atouts majeurs. Mais pour combien
de temps encore ? En Allemagne, seulement 9 véhicules sur 10
étaient équipés de moteurs diesel durant les neuf premiers mois de
2025.

Le paradoxe est frappant : une décennie après le Dieselgate qui a ébranlé la
confiance dans cette technologie, ces mêmes fabricants allemands
continuent de l’adopter. Avec l’échéance de 2035 et l’interdiction prévue des moteurs
thermiques en Europe
(même si des exceptions peuvent être
accordées), cette stratégie semble plus être un
accompagnement qu’un engagement durable.

Cependant, cette loyauté envers le diesel révèle une réalité :
entre les grandes annonces sur l’électrification et la situation
actuelle, il y a encore un écart. Un écart que ces marques haut de
gamme comptent bien exploiter, même si cela signifie aller à
contre-courant.