Dans la « Festsaal » Art déco du Bayerischer Hof, transformée en salle de conférences, ce fut comme un immense soupir de soulagement. Une longue ovation a même salué hier la fin de l’intervention de Marco Rubio devant la 62e édition de la Conférence de Munich sur la sécurité. Un an après le discours coup de poing du vice-président américain J.D. Vance, c’est peu dire que l’intervention du secrétaire d’État était attendue.
Sur la forme, l’ex-sénateur de Floride s’est montré bien moins agressif que le numéro deux américain, adoptant un ton conciliant, parfois presque sentimental. Il s’est notamment lancé dans une description hagiographique de la civilisation européenne, productrice de génies aussi divers que Mozart, Shakespeare, Dante, sans oublier les Beatles et les Rolling Stones.
Avant d’affirmer que les États-Unis seraient « toujours un enfant de l’Europe ». « Nous ne cherchons pas à diviser mais à revitaliser une vieille amitié et à renouveler la plus grande civilisation de l’histoire de l’humanité », a assuré l’ambitieux fils de réfugiés cubains arrivés à Miami dans les années 1950. « C’est un message de réassurance », a commenté au micro Wolfgang Ischinger, président de la conférence.
Pourtant, sur le fond, l’ex-faucon anticommuniste reconverti en facilitateur de la politique étrangère trumpiste n’a pas oublié qu’il s’adressait aussi à une audience américaine. Candidat présumé à la succession de Donald Trump – et donc rival, à ce titre, de J.D. Vance –, il s’en est tenu à la même vision Maga d’un Occident fondé sur la culture, la religion, la langue et l’ethnonationalisme. Un Occident qui serait la proie des fléaux conjugués que sont l’« immigration de masse », la « désindustrialisation », le développement intempestif de « l’État-providence » et le « culte du climat ».