Dans la boutique, il faut avancer de biais. Les portants débordent. Les piles de vêtements tiennent dans un équilibre provisoire. Une cliente fouille dans un bac, puis demande le prix d’un jouet. À La Maison de Yacine, située derrière l’hôpital Saint Joseph (8e) à Marseille, le désordre a quelque chose de chaleureux. C’est petit. C’est plein. C’est vivant.

Naïla Bouida en sourit. « C’est la caserne d’Alibaba », rigole la fondatrice. Avec sa mère, elle tient ce lieu ouvert en 2019, après la création de l’association en 2018. Au départ, il y avait les affaires de la maison, puis les lots achetés à bas prix, puis les sacs du quartier.

Aujourd’hui, les arrivages ne s’arrêtent presque plus : « On récupère vraiment tout », résume la quarantenaire, même si elle rappelle que les dons doivent être propres et en bon état. Les prix, eux, restent à hauteur de poche. « Un euro et cinq si c’est de la marque », glisse Vincent Marmonne, bénévole depuis septembre.

Un deuil devenu chantier

L’histoire commence par une absence. Celle de Yacine, le petit frère de Naïla, mort à 22 ans. Prothésiste, il chérissait les enfants. Alors, pour continuer à le faire vivre, sa famille a choisi de bâtir un orphelinat à…