D’après la dernière analyse du Programme alimentaire mondial (PAM) sur la sécurité alimentaire, le nombre de personnes confrontées à une faim critique, urgente ou catastrophique a augmenté de près de 2 millions par rapport aux prévisions précédentes. L’agence a déclaré que la persistance des violences, conjuguée à un accès limité à l’aide et à un manque de financement, aggrave la crise humanitaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Dans l’État de Borno – épicentre de l’insurrection prolongée – plus de 3 millions de personnes sont confrontées à de graves pénuries alimentaires, dont plus de 750 000 souffrent de faim critique et plus de 10 000 sont menacées de famine catastrophique.
Kinday Samba, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a averti que la situation s’étend désormais au-delà des zones de conflit traditionnelles. Il a expliqué que l’escalade de la violence entraîne la perte de terres agricoles pour les populations, les forçant à se déplacer et rendant l’accès à l’aide humanitaire de plus en plus difficile, ce qui accroît le risque d’instabilité.
Le PAM a également indiqué que le nombre de zones inaccessibles avait doublé, tandis que les voies de transport étaient fréquemment interrompues par des attaques et des barrages routiers illégaux. Faute de financement, l’agence n’a pu venir en aide qu’à environ 740 000 des 6,2 millions de personnes dans le besoin réparties dans trois États du nord-est, soit une forte baisse par rapport à l’année précédente.
L’agence s’inquiète du fait que les réductions de l’aide contraignent de nombreuses communautés à adopter des stratégies de survie néfastes, allant jusqu’à rejoindre des groupes armés pour se procurer de la nourriture. Le PAM lance actuellement un appel de fonds de 89 millions de dollars pour les six prochains mois afin de maintenir ses opérations d’aide alimentaire, nutritionnelle et logistique, face au risque d’une crise prolongée et généralisée.
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