DEPUIS la relance de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (2022), les institutions européennes ont relancé leur boussole stratégique, élaborée dès juin 2020 mais endormie, qui vise à améliorer la gestion de crise, développer ses capacités militaires, s’adapter à la multiplicité des menaces et renforcer les partenariats entre États européens.
Carte. Coopération structurée permanente
Carte extraite de Pierre-Alexandre Mounier, Frank Tétart, « Atlas de l’Europe. Quelle unité face à l’adversité ? » Cartographe : Aurelie Boissiere, éd. Autrement, 2026. Avec l’aimable autorisation de l’éditeur et de F. Tétart.
Autrement
Cela passe à l’échelle continentale par la mise en place d’un instrument financier d’un milliard d’euros pour la livraison d’armements. Dans le même temps, les États européens ont augmenté leurs dépenses de défense, à commencer par l’Allemagne qui a décidé, en 2025, de débloquer une enveloppe de 100 milliards d’euros, portant ses dépenses annuelles en matière de défense à plus de 2 % de son PIB. Depuis, plus d’une quinzaine d’États ont fait de même, ce qui pourrait faire grimper les dépenses totales de défense jusqu’à 2,5 % du PIB européen en 2030. Loin des 5 % promis d’ici 2035 par les membres de l’OTAN à leur allié américain lors du sommet de La Haye de 2025. Car la question de la défense européenne est étroitement corrélée à l’avenir de l’OTAN. Depuis sa création en 1949, l’alliance n’a cessé de s’élargir à un rythme accéléré depuis 1999 : alors qu’il n’y avait eu que trois vagues d’élargissement entre 1952 et 1999, on en compte sept depuis 1999. De fait, l’OTAN est passée de 12 à 32 membres. Cet élargissement ne rend pas nécessairement l’OTAN plus forte. Depuis le premier mandat de Donald Trump, les États-Unis exigent une participation financière plus importante des pays membres : alors que la somme des PIB des États membres est équivalente au PIB américain, leur participation ne représente qu’un tiers des dépenses de l’organisation. Inacceptable pour Trump, qui attend une augmentation des dépenses de défense de ses alliés jusqu’à 5 % de leur PIB.
Reste que ces augmentations traduisent un changement de paradigme, symbolisé par le plan « ReArm Europe » rebaptisé « Readiness 2030 » lancé en mars 2025. D’une enveloppe de près de 150 milliards d’euros dans un premier temps, il doit permettre aux États membres de disposer de prêts à faible taux d’intérêt pour l’achat d’armements européens ou canadiens ; dans un second temps, 650 milliards d’euros seront débloqués pour accroître les dépenses en matière de défense. De même, la création d’un poste de commissaire européen à la défense en décembre 2024 a pour objectif de renforcer l’industrie de l’armement européenne et d’inciter les États membres à se fournir en équipements européens, même si la dépendance aux équipements américains reste forte dans tous les secteurs.
L’hypothèse d’une Europe sans l’OTAN a le mérite de réunir les Européens.
Copyright pour le texte juin 2026-Tetart/Diploweb.com
Plus
. Pierre-Alexandre Mounier, Frank Tétart, « Atlas de l’Europe. Quelle unité face à l’adversité ? » Cartographe : Aurelie Boissiere, éd. Autrement, 2026.
Territoire pluriel, le continent européen est un espace d’échanges et de rencontres, où se croisent des influences multiples. Mue par un projet ambitieux de communauté des nations né sur les cendres de la guerre, l’Europe doit relever le défi de l’unité malgré sa diversité. Pour comprendre l’Union européenne et ses ambiguïtés, l’atlas revient sur :
. Les fondements de l’Europe : définition géographique et politique, histoire du continent depuis l’Antiquité.
. La création de l’idée européenne et de l’Union, composée aujourd’hui de 27 États.
. La géopolitique des territoires européens : la diplomatie interne, les relations avec le reste du monde, la gestion de ses périphéries et confins, tant continentaux qu’ultra-marins.
Les 80 cartes de cet atlas racontent cette passionnante Europe, ses défis et ses enjeux, et comment elle doit réussir à s’inscrire durablement dans l’avenir du monde.
