Hyacinthe Ndiaye dit Manga 2 est l’un des champions emblématiques de l’histoire de la lutte sénégalaise. Ancien pensionnaire de l’écurie Sérère, il décroche officiellement le titre de « Roi des arènes » en 1984 face à Mor Fadam, portant au sommet sa communauté et inscrivant son nom dans la légende. Aujourd’hui, l’éternel « Roi » revient sur la puissance passée de l’écurie Sérère, la dispersion des lutteurs sérères et les espoirs portés par la nouvelle génération pour perpétuer l’héritage.

Comment décrivez-vous l’écurie Sérère à votre époque ?

L’écurie Sérère était très bien structurée, très forte et dirigée par de grands cadres. Quand j’y suis arrivé, il y avait déjà mes aînés comme Doudou Baka Sarr, Robert Ndiaye, Moussa Diamé, Ibou Senghor. Tous les champions sérères se retrouvaient dans cette entité créée par nos aînés. Nous avions aussi des dirigeants de qualité comme Dr Alioune Sarr, Mansour Kama, Mbagnick Ndiaye, Émile Wardini ou encore Dr Raymond Diouf.

Pourquoi n’y a-t-il plus aujourd’hui de grand porte-drapeau sérère ?

Cela est devenu difficile. Les lutteurs sérères sont aujourd’hui dispersés et se retrouvent pratiquement dans toutes les écuries du Sénégal. Là où ils se blindent mystiquement, ils amènent aussi leurs amis d’autres ethnies pour bénéficier des mêmes prières. Cette dispersion empêche l’émergence d’un porte-drapeau unique comme autrefois.

Y a-t-il de l’espoir avec la nouvelle génération ?

Bien sûr, il y a de l’espoir. Nous avons de très bons lutteurs comme Mamady Ndiaye, Obeuly, Ordinateur, Ngagne Sène, Ablaye Ndiaye, entre autres. Siteu fait aussi partie de la communauté sérère, même s’il a son propre staff. Je peux citer une vingtaine de lutteurs sérères capables de devenir « Roi des arènes ». Je me considère comme le père de tous les lutteurs et je soutiendrai toujours celui qui me sollicitera pour gagner un combat.

A. DEMBELE

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