(Agence Ecofin) – Face aux difficultés persistantes de l’Algérie à transformer sa recherche agronomique en compétences employables sur un marché du travail tendu, les institutions scientifiques nationales cherchent à coopérer pour former les futurs talents de l’agroalimentaire.
À Béjaïa, le Centre de recherche en technologies agroalimentaires (CRTAA) a signé une convention de partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA). D’après des informations rapportées le mercredi 1er juillet par l’agence Algérie Presse Service (APS), l’accord vise à renforcer la recherche et l’innovation dans les domaines agricole et agroalimentaire.
Le centre béjaoui mène des programmes scientifiques et technologiques appliqués à l’industrie alimentaire. L’organisme national, lui, coordonne les travaux agronomiques menés à travers le pays. Les deux structures comptent mutualiser leurs moyens humains et matériels.
Cet accord met en réseau deux maillons complémentaires d’une même chaîne. L’institut agronomique intervient en amont, sur les filières végétales et animales. Le centre technologique agit en aval, sur la transformation et la sécurité des aliments. Chercheurs, laboratoires et programmes seront ainsi mieux articulés, ce qui constitue une synergie encore rare dans le paysage scientifique algérien.
Former les compétences dont l’agriculture a besoin
Au-delà de la coopération technique, l’enjeu touche directement à l’emploi. Le système éducatif national produit chaque année des milliers de diplômés. Or, leurs compétences ne correspondent pas toujours aux besoins du secteur productif. Une alliance entre deux structures spécialisées peut devenir un vecteur de professionnalisation concret. Elle ouvre la voie à la formation de futurs ingénieurs et techniciens, au contact direct des filières de production.
Le marché du travail algérien, de son côté, reste sous forte tension. Le taux de chômage des jeunes de 16 à 24 ans atteignait 29,3 % en octobre 2024, selon l’Office national des statistiques (ONS). Les diplômés de l’enseignement supérieur représentaient alors 31,4 % de l’ensemble des chômeurs du pays. Ceux issus de la formation professionnelle en constituaient 26,1 %.
L’organisme recense par ailleurs 748 000 chômeurs sans aucun diplôme, soit 42,5 % du total. Le secteur agricole n’employait, quant à lui, que 9 % de la population active occupée. La même enquête évoque 450 000 emplois créés en Algérie sur l’année 2024.
La Banque mondiale observe de son côté une pression démographique croissante sur l’emploi en Afrique. Elle situe justement l’agrobusiness parmi les secteurs les plus prometteurs pour créer des emplois durables. Ce rapprochement scientifique s’inscrit ainsi dans le défi plus large de l’adaptation des compétences aux besoins de l’économie algérienne.
Félicien Houindo Lokossou
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