L’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée a appelé les autorités législatives et exécutives tunisiennes à accélérer l’adoption d’une loi interdisant l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants de moins de 15 ans.

Cette mesure est présentée comme un dispositif préventif visant à garantir le droit de l’enfant à un développement sain, à une éducation équilibrée et à une bonne santé mentale, selon un communiqué publié mercredi.

L’organisation estime que cette interdiction ne peut être efficace sans un ensemble de mesures d’accompagnement. Elle plaide notamment pour la mise en place de mécanismes de contrôle rigoureux à l’égard des entreprises numériques, des programmes de sensibilisation destinés aux familles, ainsi que des alternatives numériques éducatives et sécurisées. Elle appelle également à l’adoption de politiques favorisant une intégration progressive et responsable des technologies après l’âge de 15 ans.

Fragiliser les jeunes générations

Selon l’ONG, le retard dans l’adoption d’un tel cadre légal contribue à fragiliser les jeunes générations. Elle avertit que l’absence de régulation expose les enfants à des risques accrus de vulnérabilité psychologique, d’isolement social et de manipulation, les rendant plus faciles à cibler par des contenus ou des pratiques nuisibles.

L’organisation considère par ailleurs que laisser des enfants de moins de 15 ans à la merci d’applications commerciales ne tenant pas compte de leur âge ni de leur maturité psychologique constitue une forme d’« négligence institutionnelle ». Une situation qu’elle qualifie de violation du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par les conventions internationales, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant.

Un lien entre l’usage et l’augmentation des troubles anxieux

Elle rappelle enfin que de nombreuses études en psychologie ont établi un lien entre l’usage précoce et intensif des réseaux sociaux et l’augmentation des troubles anxieux et dépressifs chez les enfants. À cela s’ajoutent des perturbations du sommeil, un repli social, ainsi que l’exposition à la violence numérique, au cyberharcèlement, aux tentatives de manipulation et à des contenus inadaptés.

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