Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations internationales pour les produits de base, l’ambassadeur Aly Touré

Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations internationales pour les produits de base, l’ambassadeur Aly Touré, également porte-parole des pays membres exportateurs de cacao de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), a prononcé un discours le vendredi 13 février 2026, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le cacao 2026, tenue au Palais des Nations, à Genève, en Suisse.
La Côte d’Ivoire a ainsi fait entendre la voix de ses producteurs lors de cette rencontre internationale réunissant les principaux acteurs de la filière cacao. Élu dans la foulée président de la Conférence, Aly Touré a plaidé en faveur d’une meilleure prise en compte des préoccupations des pays producteurs.

Face aux participants, il a rappelé avec force que « sans les producteurs de cacao, il n’y aurait ni industrie du cacao ni chocolat ».

Les défis du commerce mondial du cacao

Dans son intervention, le diplomate ivoirien a exposé les principaux défis auxquels font face la production et le commerce mondiaux du cacao. Il a notamment cité le changement climatique, les maladies affectant les cacaoyers, le vieillissement des plantations, la faible productivité, les difficultés d’accès aux financements, les exigences en matière de sécurité sanitaire des aliments, ainsi que les obstacles à l’accès aux marchés d’exportation.

Il a toutefois souligné que, malgré ces contraintes, le secteur regorge d’opportunités importantes.

« Si la production et la consommation de cacao restent confrontées à des défis, le secteur recèle également un potentiel énorme. Exploité de manière appropriée, il peut ouvrir la voie à un développement accéléré vers une économie mondiale du cacao durable. Tel est l’esprit de l’Accord international sur le cacao de 2026 », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur a précisé que ce nouvel accord se veut plus innovant que celui de 2010, car il identifie plus clairement les domaines prioritaires sur lesquels concentrer les efforts afin de parvenir à une économie mondiale du cacao plus durable.

Les quatre priorités de l’Accord international sur le cacao de 2026

Selon Aly Touré, la mise en œuvre de l’Accord international sur le cacao de 2026 doit s’articuler autour de quatre axes majeurs :

Le revenu vital des producteurs, à travers l’atteinte d’une durabilité économique fondée sur des prix justes et rémunérateurs ;La répartition équitable de la valeur, en encourageant les pays producteurs à ajouter davantage de valeur aux fèves de cacao, notamment grâce à la transformation locale ;La réduction des barrières commerciales et l’amélioration de l’accès au marché, en limitant l’impact des obstacles tarifaires et surtout non tarifaires sur les revenus des producteurs ;L’élargissement de la base des membres de l’ICCO, ainsi que la multiplication des activités de l’organisation sur la scène internationale.« L’Accord international sur le cacao de 2026 améliorera considérablement l’économie mondiale du cacao s’il est mis en œuvre de manière complète et volontariste », a-t-il insisté.

Il a ainsi appelé tous les membres actuels de l’Accord de 2010 à signer rapidement le nouvel accord et à déposer leurs instruments d’application provisoire afin de permettre son entrée en vigueur.

« Deux États suffisent pour son entrée en vigueur, mais nous avons besoin de davantage d’États pour assurer la stabilité financière de notre organisation », a conclu Aly Touré.

Ahua Kouakou (avec Sercom Aly Touré)