Et de quatre ! Mardi, Emmanuel Macron se rendra en Inde pour la quatrième fois depuis son arrivée à l’Élysée. Jamais un président de la République ne s’est autant investi dans la relation avec New Delhi. Et à ces visites, il faut ajouter celles du Premier ministre Narendra Modi en France (cinq dans le même temps) et les nombreux tête-à-tête entre les deux dirigeants en marge des sommets multilatéraux.
Le partenariat stratégique avec le pays le plus peuplé du monde (il compte plus de 1,4 milliard d’habitants) est ancien. Lancé en 1998, dans la foulée des essais nucléaires indiens et en dépit des sanctions américaines à l’époque, il repose sur deux principes clés pour Paris comme pour New Delhi : l’autonomie stratégique et le rejet d’un monde dominé par la Chine et les États-Unis. « Une nation comme la France qui épouse l’idée d’une troisième voie ne peut que séduire une Inde jalouse de son indépendance », avait résumé le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, dans un livre paru en 2024.
L’irruption du facteur Trump a accéléré cette dynamique. En malmenant l’Europe, décrite comme incapable de protéger la liberté d’expression et de contrôler l’immigration lors de la conférence de Munich il y a un an, le vice-président J.D. Vance a marqué une rupture dans les relations trans-atlantiques. Les revendications américaines sur le Groenland et le récent discours du locataire de la Maison-Blanche à Davos ont aggravé cette fracture.