Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a accueilli ce jour à l’aéroport Houari-Boumediene son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, en visite officielle en Algérie à la tête d’une importante délégation.

Présentée comme une « visite d’amitié et de travail », cette rencontre intervient après plusieurs mois de brouille diplomatique entre l’Algérie et son voisin du sud du Sahara.

Cette visite, après une crise qui aura duré plus d’un an, traduit la volonté des deux capitales de maintenir un canal de dialogue direct, à un moment où les équilibres géopolitiques de la région connaissent des évolutions notables.

La coopération sécuritaire figure, selon toute attente, parmi les principaux axes de discussion. L’Algérie et le Niger partagent une longue frontière saharienne et sont confrontés à des défis communs liés à la lutte contre le terrorisme, aux trafics transfrontaliers et aux flux migratoires. Dans ce contexte, la coordination bilatérale demeure un levier central pour la stabilité des zones frontalières.

A LIRE : Niger : l’armée soutient les putschistes, le président séquestré

Sur le plan économique, les échanges devraient également porter sur les projets d’intérêts communs, notamment les perspectives énergétiques régionales. Le Niger constitue un partenaire stratégique dans la profondeur sahélienne de l’Algérie, et Alger a, à plusieurs reprises, réaffirmé son attachement au développement intégré du Sahel comme condition de stabilité durable.

Cette visite du chef de la junte au pouvoir à Niamey s’inscrit dans une séquence diplomatique nouvelle entre Alger et Niamey. Elle intervient alors que les dynamiques politiques au Sahel, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel, redessinent les alliances et les mécanismes de coopération régionale.

Pour l’Algérie, qui privilégie traditionnellement une approche fondée sur le dialogue et la non-ingérence, le maintien de relations étroites avec le Niger participe d’une stratégie d’équilibre et de médiation dans un environnement régional fragmenté.

Tout de même, il faut rappeler que le général Abdourahamane Tiani est le chef du putsch du 26 juillet 2023 qui a conduit au placement en résidence surveillée arbitraire du président légitimement élu Mohamed Bazoum et le démantèlement de tous les instruments démocratiques en vigueur dans ce pays.

Mourad Benyahia