Le « système de l’adjudant-colonel » désigne, dans le jargon du football, une organisation tactique où un joueur, souvent un milieu de terrain expérimenté, assume un rôle de régulateur et de chef d’orchestre sur le terrain, à l’image d’un officier supérieur dirigeant ses troupes.

La sélection égyptienne a écrit un nouveau chapitre de son histoire en Coupe du monde, mettant fin à son parcours lors de l’édition 2026.

Cette aventure a suscité des émotions contrastées : la fierté d’avoir accompli un exploit historique et le regret de ne pas avoir saisi une chance unique d’aller plus loin.

Entre ces deux extrêmes, les Pharaons quittent la scène mondiale avec un bilan contrasté que nous passons en revue dans ce rapport publié sur le site Koora :

Briser la glace de la Coupe du mondeBriser la glace de la Coupe du monde

Briser la glace de la Coupe du monde

La sélection égyptienne a enfin conjuré le sort qui la hantait depuis ses premières apparitions en Coupe du monde.

Après des années de galère, les Pharaons ont enfin décroché leur première victoire en Coupe du monde et se sont qualifiés pour les huitièmes de finale, effaçant une série noire entamée par trois défaites en 2018.

Les Pharaons ne sont plus de simples invités de marque : ils ont démontré qu’ils pouvaient rivaliser avec les cadors et même dominer l’Argentine, insufflant ainsi aux générations futures la confiance nécessaire pour viser de nouveaux exploits.

Jill remporte le pari

Le principal atout des Pharaons réside dans l’émergence d’un groupe de jeunes joueurs pour qui ce tournoi a représenté un véritable tournant.

Mostafa Shobeir s’est illustré comme la vedette de l’équipe d’Égypte lors de la plupart des matchs du tournoi, grâce à des performances exceptionnelles, notamment en arrêtant deux penalties face à l’Iran et à l’Argentine, confirmant ainsi que l’Égypte dispose d’un gardien capable de mener l’équipe pendant de nombreuses années.

Hamza Abdelkarim a également tiré son épingle du jeu : ses performances ont alerté le FC Barcelone, qui envisage de l’intégrer à l’équipe première lors de la préparation estivale.

Enfin, Haitham Hassan a confirmé son potentiel en brillant face à l’Australie et l’Argentine, ce qui pourrait lui valoir un départ vers un club européen plus huppé lors du prochain mercato estival.

Le dispositif tactique est encore en cours de finalisation.Le dispositif tactique est encore en cours de finalisation.

Le dispositif tactique est encore en cours de finalisation.

Même si l’Égypte reste encore loin du niveau atteint par le Maroc, finaliste puis quart de finaliste des deux dernières Coupes du monde, Hossam Hassan a néanmoins posé les bases d’un projet prometteur.

Le sélectionneur a su tirer le meilleur de son effectif en misant sur des choix inattendus, transformés en facteurs décisifs, à l’image de Mostafa Zico lors de la Coupe du monde, après avoir déjà valorisé Islam Issa de manière remarquable.

De plus, l’équipe a affiché un véritable esprit de corps et une discipline tactique dans l’immense majorité de ses sorties, témoignant d’une progression du système malgré des moyens plus restreints que ceux des grandes nations du football.

Marmouch… l’absent le plus remarquéMarmouch… l'absent le plus remarqué

Marmouch… l’absent le plus remarqué

À l’inverse, Omar Marmoush a été l’une des plus grandes déceptions de l’équipe d’Égypte tout au long du tournoi.

Attendu comme l’une des armes offensives majeures, aux côtés de Mohamed Salah, il n’a pas confirmé sur le terrain.

L’attaquant des Pharaons a gâché plusieurs occasions faciles et a trop souvent privilégié l’action individuelle au détriment du collectif. Son erreur la plus marquante reste l’occasion dangereuse qu’il a manquée face à l’Argentine alors que le score était de 2-2, une occasion qui aurait pu permettre à l’Égypte de se qualifier pour les quarts de finale.

Les coups de pied arrêtés : un problème persistant

Les coups de pied arrêtés ont de nouveau mis en lumière l’un des maux les plus persistants du football égyptien : lors de la Coupe du monde 2026, l’équipe nationale a encaissé la majorité de ses buts sur des phases arrêtées ou des centres.

Cette édition a confirmé la nécessité d’une solution structurelle, tant les erreurs se sont répétées face à plusieurs adversaires, soulignant l’impératif de recruter un entraîneur spécialisé dans ces phases, à l’image des grandes nations et clubs mondiaux.

Manque de concentrationManque de concentration

Manque de concentration

L’équipe d’Égypte a payé cher son manque de concentration à des moments clés de la Coupe du monde 2026.

Menée 2-0 contre l’Argentine, l’équipe a concédé l’égalisation et a vu ses espoirs de quarts de finale s’envoler. Ce relâchement a aussi failli lui coûter la victoire face à la Belgique et à l’Iran, sans les parades décisives de Mostafa Shobeir.

Le deuxième but inscrit par Lionel Messi illustre parfaitement ce manque de rigueur : le capitaine argentin a été laissé seul au cœur de la surface, profitant d’un relâchement défensif impliquant Muhannad Lashin et Mahmoud Hassan Trezeguet.

Un banc de remplaçants peu fourniUn banc de remplaçants peu fourni

Un banc de remplaçants peu fourni

Le tournoi a mis en évidence la persistance d’un écart qualitatif marqué entre les titulaires et les remplaçants de la sélection égyptienne.

Cette lacune s’est particulièrement illustrée aux postes d’arrière latéral, avec Ahmed Fattouh et Mohamed Hani, ainsi qu’au milieu de terrain, où Muhannad Lasheen et Marwan Attia n’ont pas su maintenir le niveau de performance attendu.

La crise au poste de meneur de jeu s’est également fait sentir ; pour pallier le manque d’options à ce poste, Hossam Hassan a eu recours à une innovation tactique consistant à confier à Mohamed Salah un rôle plus important dans la construction du jeu. Cependant, le fait de continuer à s’appuyer uniquement sur cette solution pourrait constituer un défi pour les Pharaons lors des prochains tournois.