Au Ghana, la Chambre de l’industrie du cannabis (Cannacham) prévoit de conduire une mission commerciale en République tchèque en avril 2026. Dans un communiqué publié sur son site le mardi 23 décembre 2025, l’organisation souligne que les deux parties ont exploré les contours d’une coopération couvrant le cannabis médical, le chanvre industriel, la recherche, le transfert de technologie ainsi que le renforcement des capacités et des investissements.
« Cette rencontre marque une étape importante dans la construction de partenariats internationaux stratégiques pour soutenir la croissance responsable de l’industrie du cannabis au Ghana », a déclaré Mark G. Darko, directeur général de la Cannacham.
Pour les promoteurs de la filière au Ghana, il s’agit avant tout de s’inspirer de l’expérience du pays en établissant des partenariats directs avec des industriels, des régulateurs et des fournisseurs de technologies spécialisés dans le cannabis.
Un marché en croissance
La République tchèque figure en effet parmi les marchés européens les plus avancés en matière de cannabis médical, avec un cadre réglementaire relativement mature et de solides capacités dans le cannabis thérapeutique.
Dans le pays, le cannabis médical est légal depuis 2013, avec les premiers patients ayant eu accès à des traitements dès 2014 et une dizaine d’entreprises licenciées par l’autorité de contrôle des médicaments pour cultiver du cannabis médical.
Par ailleurs en mai 2025, le parlement a adopté une importante révision du Code pénal qui dépénalise la culture domestique et la possession de cannabis pour usage personnel à partir du 1er janvier 2026.
Selon les données de Prohibition Partners, cabinet de conseil spécialisé dans les marchés légaux du cannabis, le marché tchèque était évalué à 41 millions de dollars en 2024 et devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne supérieure à 5% jusqu’en 2028.
À l’échelle européenne, le pays se classe au 10ème rang des marchés du cannabis, derrière notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France ou encore l’Italie.
Une filière encore embryonnaire
Un positionnement qui en fait, aux yeux des acteurs ghanéens, un partenaire crédible pour accompagner la montée en puissance d’une filière encore embryonnaire en Afrique de l’Ouest. Si le pays est le seul de la sous-région ouest-africaine à légaliser le chanvre à des fins médicales et industrielles, la filière peine toujours à décoller.
Aucune feuille de route officielle n’a été rendue publique pour structurer l’industrie et le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas lancé de cycles d’octroi de licences pour la culture des variétés autorisées, dont la teneur en THC est inférieure à 0,3%.
Cette lenteur institutionnelle a refroidi l’enthousiasme de plusieurs observateurs de l’industrie et poussé la Cannacham à multiplier les initiatives pour relancer les autorités. En janvier 2025, M. Darko avait publiquement appelé le gouvernement ghanéen à accompagner activement les investissements dans le cannabis légal, estimant que le secteur pourrait devenir un levier de diversification des revenus agricoles, aujourd’hui largement dominés par le cacao.
Par ailleurs en septembre 2024, l’organisation avait déjà tenu à Accra un forum dédié à l’industrie du cannabis, en partenariat avec la mission économique et commerciale israélienne au Ghana. L’objectif était alors de mettre en avant l’apport potentiel des technologies israéliennes, notamment en matière d’irrigation intelligente, d’agriculture de précision et d’applications pharmaceutiques avancées.
Si malgré cet activisme, les retombées concrètes tardent toujours à se matérialiser, les promoteurs de l’industrie espèrent que la dernière tentative en date permettra de raviver l’intérêt des autorités pour le potentiel économique d’une industrie en pleine expansion.
D’après les données compilées sur Statista, les revenus générés sur le marché africain du cannabis médical ont plus que triplé, passant de 146,9 millions de dollars en 2020 à plus de 443,6 millions de dollars en 2024.
Selon les prévisions formulées sur cette plateforme, le secteur devrait générer 466,80 millions de dollars en 2025 et croître de 2,14% par an en moyenne jusqu’en 2029, pour dépasser les 508 millions de dollars.